Sutta

Mardi 25 janvier 2005 2 25 /01 /2005 00:00

 

« Ce dhamma que je viens de découvrir est particulièrement profond. Il est difficile à voir, il est difficile à comprendre. Il est paisible, il est noble. Il n’est pas une chose dont les Sakya (ethnie dont est issue Bouddha) ont l’habitude.

 

Il est très subtil. Ce n’est qu’à l’aide de la sagesse qu’il est possible de le connaître. Il libère des sphères des sens. J’ai pu comprendre tout le processus des causes et effets de la production conditionnée. J’ai pu me débarrasser de tout attachement, grâce à ce dhamma. Je suis en mesure d’enseigner ce dhamma. Les êtres ne peuvent pas comprendre ce dhamma. Parmi les êtres, il y a si peu de sagesse et tant de kilesâ. Les êtres apprécient tellement les plaisirs sensoriels.

 

Si je leur enseigne le dhamma, il ne vont pas comprendre et je vais me fatiguer inutilement. Les êtres ne sont pas prêts pour ce dhamma que je viens de découvrir en pratiquant ardemment et difficilement. Tous les êtres ne peuvent pas le comprendre facilement, car ils ont de la poussière devant les yeux. »

 

 

Après son éveil et avant que Brahmâ lui demande d’enseigner le dhamma.

 

 

 

                                                              *

 

 

Le bienheureux dit : « Aussi longtemps, ô bhikkhus, que les bhikkhus développeront le facteur d’Eveil dit « attention » ; aussi longtemps qu’ils développeront le facteur d’Eveil dit « analyse des choses » ; aussi longtemps qu’ils développeront le facteur d’Eveil dit « effort » ; aussi longtemps qu’ils développeront le facteur d’Eveil dit « joie » ; aussi longtemps qu’ils développeront le facteur d’Eveil dit « sérénité » ; aussi longtemps qu’ils développeront le facteur d’Eveil dit « concentration mentale » ; aussi longtemps qu’ils développeront le facteur d’Eveil dit «équanimité » , les bhikkhus connaîtront le progrès et non la décadence. »

 

« Aussi longtemps, ô bhikkhus, que ces sept conditions de non-déchéance existent chez les bhikkhus, aussi longtemps que ces conditions de non-déchéance sont bien gardées par les bhikkhus, ils connaîtront le progrès et non la décadence.  En outre, ô bhikkhus, je vous enseignerai encore sept autres conditions de non-déchéance. Ecoutez bien, soyez-attentifs. Je vais parler.

 

Aussi longtemps, ô bhikkhus, que les bhikkhus développeront la perception de l’impermanence ; aussi longtemps qu’ils développeront la perception du non-soi ; aussi longtemps qu’ils développeront la perception de l’impureté ; aussi longtemps qu’ils développeront la perception du danger ; aussi longtemps qu’ils développeront la perception de l’abandon ; aussi longtemps qu’ils développeront la perception du non-attachement ; aussi longtemps qu’ils développeront la perception de la cessation (de toutes les choses conditionnées) ; les bhikkhus connaîtront le progrès et non la décadence. »

 

 

Extrait du Mahâ-Parinibbâna-Sutta.

 

 

 

 

 

Par Pierre Langlais - Publié dans : Sutta
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Mardi 1 février 2005 2 01 /02 /2005 00:00

 

 

 

Satipatthâna-sutta   (Etablissement de l'attention).

 

 

Un jour que le bouddha se trouvait au pays des Kurus, dans un village nommé Kammassadhamma, il entreprit d'exposer la doctrine de l'attention à ses disciples :

 

"Il n'y a qu'un seul sentier, ô bhikkhus, conduisant à la purification des êtres, à la conquête des douleurs et des peines, à la destruction des souffrances physiques et morales, à l'acquisition de la conduite droite, à la réalisation du Nibbana, ce sont les quatre sortes d'établissements de l'attention.

 

Quelles sont ces quatre sortes ?

 

Voici, ô bhikkhus, un bhikkhu observant le corps demeure énergique, compréhensif, attentif, ayant rejeté les désirs et les soucis mondains; observant les sensations..., observant l'esprit..., observant les sujets différents, il demeure énergique, compréhensif, attentif, ayant rejeté les désirs et les soucis mondains."

 

 

1-1 l'établissement de l'attention sur la respiration ~ Ânâpanasati ~

 

 

"Et comment, ô bhikkhus, un bhikkhu demeure t-il observant le corps ?

 

Voici, ô bhikkhus, un bhikkhu étant allé dans la forêt, ou au pied d'un arbre, ou dans une maison isolée, s'assied, les jambes croisées, le corps droit, son attention fixée devant lui. Attentivement il aspire, attentivement il expire. Aspirant lentement, il sait "Lentement j'aspire". Expirant lentement, il sait " Lentement j'expire". Aspirant rapidement, il sait "Rapidement j'aspire". Expirant rapidement, il sait "Rapidement j'expire". "Ressentant tout le corps, j'aspire", ainsi s'entraîne t-il. "Ressentant tout le corps , j'expire", ainsi s'entraîne t-il. "Calmant les activités du corps, j'aspire", ainsi s'entraîne t-il. "Calmant les activités du corps, j'expire", ainsi s'entraîne t-il.

 

 

1-2 l'établissement de l'attention sur le corps ~ Kâyagatâsati ~

 


De même, ô bhikkhus, qu'un habile tourneur ou un apprenti tourneur, tournant lentement sait : "Lentement je tourne", tournant rapidement il sait : "Rapidement je tourne". De même, ô bhikkhus, un bhikkhu aspirant lentement sait : "Lentement j'aspire", aspirant rapidement il sait : "Rapidement j'aspire". "Calmant les activités du corps, j'aspire", ainsi s'entraîne t-il. "Calmant les activités du corps, j'expire", ainsi s'entraîne t-il.

 

Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement; il demeure observant le corps extérieurement, il demeure observant le corps intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l'apparition du corps, il demeure observant la disparition du corps, il demeure observant l'apparition et la disparition du corps. "Voilà le corps", cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s'attache à rien dans le monde. C'est ainsi, ô bhikkhus, qu'un bhikkhu demeure observant le corps.

 

Et de plus, ô bhikkhus, un bhikkhu allant sait : "Je vais", étant debout, il sait "Je suis debout", étant assis, il sait : "Je suis assis", étant couché, il sait : "Je suis couché", le corps étant dans telle ou telle position, il le sait être dans telle ou telle position.

 

Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement; il demeure observant le corps extérieurement, il demeure observant le corps intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l'apparition du corps, il demeure observant la disparition du corps, il demeure observant l'apparition et la disparition du corps. "Voilà le corps", cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s'attache à rien dans le monde. C'est ainsi, ô bhikkhus, qu'un bhikkhu demeure observant le corps.

 

Et de plus, ô bhikkhus, un bhikkhu allant ou revenant en est parfaitement conscient, regardant devant ou autour de lui, il en est parfaitement conscient, étendant ou repliant les membres, il en est parfaitement conscient, portant un bol et les robes monastiques, il en est parfaitement conscient, mangeant, buvant, mastiquant, goûtant, il en est parfaitement conscient, déféquant, urinant, il est parfaitement conscient, marchant, étant debout, s'asseyant, s'endormant, s'éveillant, parlant, se taisant, il en est parfaitement conscient.

 

Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement; il demeure observant le corps extérieurement, il demeure observant le corps intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l'apparition du corps, il demeure observant la disparition du corps, il demeure observant l'apparition et la disparition du corps. "Voilà le corps", cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s'attache à rien dans le monde. C'est ainsi, ô bhikkhus, qu'un bhikkhu demeure observant le corps.

 

Et de plus, ô bhikkhus, un bhikkhu observe ce corps de la plante des pieds au sommet de la tête, recouvert de peau et rempli d'impuretés diverses : "Il y a dans ce corps : cheveux, poils, ongles, dents, peau, chair, tendons, os, moelles, reins, coeur, foie, plèvre, rate, poumons, intestins, mésentère, estomac, excréments, bile, flegme, pus, sang, sueur, graisse, larmes, suint, salive, mucus, synovie, urine."

 

De même, ô bhikkhus, que s'il y avait un sac à deux ouvertures rempli de graisses diverses, telles que : riz, riz brut, pois chiches, haricots, sésames, riz perlé, alors un homme qui voit bien l'ayant ouvert , examinerait : "Ceci est du riz, ceci est du riz brut, ceci est des pois chiches, ceci est des haricots, ceci du sésame, ceci du riz perlé", de même ô bhikkhus, un bhikkhu observe ce corps de la plante des pieds au sommet de la tête, recouvert de peau et rempli d'impuretés diverses : il y a dans ce corps : cheveux, poils, ongles, dents, peau, chair, tendons, os, moelles, reins, coeur, foie, plèvre, rate, poumons, intestins, mésentère, estomac, excréments, bile, flegme, pus, sang, sueur, graisse, larmes, suint, salive, mucus, synovie, urine.

 

Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement; il demeure observant le corps extérieurement, il demeure observant le corps intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l'apparition du corps, il demeure observant la disparition du corps, il demeure observant l'apparition et la disparition du corps. "Voilà le corps", cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s'attache à rien dans le monde. C'est ainsi, ô bhikkhus, qu'un bhikkhu demeure observant le corps.

 

Et de plus, ô bhikkhus, un bhikkhu examine le corps, tel qu'il est placé par éléments : "Il y a dans ce corps l'élément terre, l'élément eau, l'élément feu, l'élément air".

 

De même ô bhikkhus, qu'un habile boucher, ou un apprenti boucher, ayant tué une vache va s'asseoir à un carrefour l'ayant débitée en morceaux, de même, ô bhikkhus, un bhikkhu examine ce corps tel qu'il est placé par éléments : "Il y a dans ce corps l'élément terre, l'élément eau, l'élément feu, l'élément air".

 

Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement; il demeure observant le corps extérieurement, il demeure observant le corps intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l'apparition du corps, il demeure observant la disparition du corps, il demeure observant l'apparition et la disparition du corps. "Voilà le corps", cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s'attache à rien dans le monde. C'est ainsi, ô bhikkhus, qu'un bhikkhu demeure observant le corps.

 

 

 

 

La suite:

1-3 contemplation du champ des morts ~ Sîvatikâ ~

 

http://www.geocities.com/Athens/Forum/2359/satisuta.html

 

Par Pierre Langlais - Publié dans : Sutta
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Vendredi 4 février 2005 5 04 /02 /2005 00:00

 

"Insignifiant, moines, en vérité, minime, d'ordre purement moral, est ce qu'énonce l'homme du commun quand il prononce l'éloge du Tathâgata. Et quelle est donc, moines, cette chose insignifiante, minime, d'ordre purement moral, qu'énonce l'homme du commun quand il prononce l'éloge du Tathâgata?"

"Il évite de détruire les êtres vivants, il s'abstient de détruire les êtres vivants, le religieux Gotama : il a déposé le baton, il a déposé l'épée; il est modeste, compatissant; il vit dans le souci de faire du bien à tous les êtres doués de vie. Voilà, moines, ce qu'énonce l'homme du commun quand il prononce l'éloge du Tathâgata."

"Il évite de prendre ce qu'on ne lui donne pas, il s'abstient de prendre ce qu'on ne lui donne pas, (...) Il évite l'incontinence, il est continent, (...) Il évite la parole mensongère, (...) Il évite la parole calomnieuse, (...) Il évite la parole grossière, (...) Il évite le bavardage vide, il s'abstient du bavardage vide, le religieux Gotama : il parle en temps voulu, parle de ce qui est, parle de ce qui a un sens, parle de la Loi, parle de la Discipline; il dit des mots formant un trésor, opportuns, munis de raison, bien circonscrits, accompagnés d'un sens. Voilà, moines, ce qu'énonce l'homme du commun quand il prononce l'éloge du Tathâgata."

(...)

"S'il est vrai que certains religieux et brâhmanes, après avoir mangé les aliments qui leur sont donnés par religion, s'occupent ainsi à des occupations consistant en jeux et frivolités - à savoir huit carrés, dix carrés, jeu de plein air, jeu où l'on évite les lignes, jeu de présence, dès, bâtonnets, main et pinceau, boules, pangaoira, charrue, saut périlleux, moulin à vent, mesures en feuilles de palmier, chariot, petit arc, jeu de lettres, jeu de pensée, imitation des défauts physiques - le religieux Gotama, lui, s'abstient de telles occupations consistant en jeux et frivolités. Voilà, moines, ce quénonce l'homme du commun quand il prononce l'éloge du Tathâgata."

(...)

"S'il est vrai que certains religieux et brâhmanes, après avoir mangé les aliments qui leur sont donnés par religion, s'occupent ainsi à des occupations consistant en ornements et parures - à savoir onguents, massages, bains, frictions, miroirs, pommades, guirlandes et cosmétique, poudres détersives pour le visage, fard pour le visage, bracelets, chignons, cannes, boîtes, épées, parasols, sandales aux couleurs vives, turbans, joyaux, éventails en crin de buffle, vêtements blancs à longues franges - le religieux Gotama, lui, s'abstient de telles occupations consistant en ornements et parures. Voilà, moines, ce quénonce l'homme du commun quand il prononce l'éloge du Tathâgata."

"S'il est vrai que certains religieux et brâhmanes, après avoir mangé les aliments qui leur sont donnés par religion, s'occupent ainsi à des discours vulgaires -à savoir discours sur les rois, discours sur les voleurs, discours sur les ministres, discours sur l'armée, discours sur les périls, discours sur les batailles, discours sur la nourriture, discours sur la boisson, discours sur les vêtements, discours sur les lits, discours sur les guirlandes, discours sur les parfums, discours sur les parents, discours sur les véhicules, discours sur les bourgades, discours sur les marchés, discours sur les villes, discours sur les campagnes, discours sur les femmes, discours sur les hommes, discours sur les héros, discours sur les routes, discours sur les points d'eau, discours sur les gens antérieurement morts, discours sur des sujets divers, relatif aux choses de la nature, relatif à l'océan, discours sur ce qui est et n'est pas - le religieux Gotama, lui, s'absteint de tels discours vulgaires. Voilà, moines, ce qu'énonce l'homme du commun quand il prononce l'éloge du Tathâgata."

"S'il est vrai que certains religieux et brâhmanes, après avoir mangé les aliments qui leur sont donnés par religion, s'occupent ainsi à des discours chicaniers - à savoir : toi tu ne connais pas cette discipline de la Loi, moi je connais cette discipline de la Loi, comment connaîtrais-tu cette discipline de la Loi ? - Tu t'es engagé dans la mauvaise voie, moi je me suis engagé dans la voi correcte. - Je suis conséquent avec moi-même, tu es inconséquent. - Tu as dit après ce qu'il fallait dire avant, tu as dit avant ce qu'il fallait dire après. - Ce que tu as imaginé est jeté bas. - Ta thèse est réfutée; tu es battu. - Va te défaire de cette opinion-ci, ou démolis celle-là, si tu en es capable -, le religieux Gotama, lui, s'abstient de tels discours chicaniers. Voilà, moines, ce qu'énonce l'homme du commun quand il prononce l'éloge du Tathâgata."

(...)

 "S'il est vrai que certains religieux et brâhmanes, après avoir mangé les aliments qui leur sont donnés par religion, assurent ainsi leur subsistance par des arts vulgaires, par une mauvaise façon de vivre - à savoir par les signes du corps, les omina, les portenta, les rêves, les marques, les déchirures causées par les rats, les oblations dans le feu, les oblations à la cuiller, les oblations à la paille, les oblations à la poudre de riz, les oblations aux grains de riz, les oblations au beurre, les oblations à l'huile, les oblations de bouche, les oblations au sang, la science du corps, la science des lieux à bâtir, la science des lieux à cultiver, la science des propitiations, la science des démons, la science magique, la science des serpents, la science des poisons, la science des scorpions, la science des rats, la science des oiseaux, la science des corneilles, la prédiction du temps à vivre, la protection contre les flèches, le règne animal - le religieux Gotama, lui, s'abstient de tels arts vulgaires, de telle mauvaise façon de vivre. Voilà, moines, ce qu'énonce l'homme du commun quand il prononce l'éloge du Tathâgata."

"S'il est vrai que certains religieux et brâhmanes, après avoir mangé les aliments qui leur sont donnés par religion, assurent ainsi leur subsistance par des arts vulgaires, par une mauvaise façon de vivre - à savoir en disant : les rois feront une sortie, les rois ne feront pas de sortie; les rois indigènes feront une avance, les rois étrangers feront une retraite; les rois étrangers feront une avance, les rois indigènes feront une retraite; les rois indigènes auront la victoire, les rois étrangers auront la défaite; les rois étrangers auront la victoire, les rois indigènes auront la défaite; c'est ainsi qu'un tel aura la victoire, qu'un tel aura la défaite - le religieux Gotama, lui, s'abstient de tels arts vulgaires, de telle mauvaise façon de vivre. Voilà, moines, ce qu'énonce l'homme du commun quand il prononce l'éloge du Tathâgata."

"S'il est vrai que certains religieux et brâhmanes, après avoir mangé les aliments qui leur sont donnés par religion, assurent ainsi leur subsistance par des arts vulgaires, par une mauvaise façon de vivre - à savoir en disant : il y aura une éclipse de lune; il y aura une éclipse de soleil; il y aura une éclipse de constellation; la lune et le soleil suivront leur chemin; la lune et le soleil quitterons leur chemin; il y aura chute de météores; il y aura embrasement des orients; il y aura tremblement de terre; il y aura grondement céleste; la lune, le soleil, les constellations monteront, descendront, seront brouillés, seront purs; voilà quelle sera la conséquence de l'éclipse de lune, quelle sera la conséquence de l'éclipse de soleil; quelle sera la conséquence de l'éclipse de constellations; quelle sera la conséquence du fait que la lune et le soleil suivent leur chemin; quelle sera la conséquence du fait que la lune et le soleil quittent leur chemin; quelle sera la conséquence du fait que les constellations suivent leur chemin; quelle sera la conséquence du fait que les constellations quitent leur chemin; quelle sera la conséquence de la chute de météores; quelle sera la conséquence de l'embrasement des orients; quelle sera la conséquence du tremblement de terre; quelle sera la conséquence du grondement céleste; quelle sera la conséquence du fait que la lune, le soleil, les constellations montent, descendent, sont brouillés, sont purs - le religieux Gotama, lui, s'abstient de tels arts vulgaires, de telle mauvaise façon de vivre. Voilà, moines, ce qu'énonce l'homme du commun quand il prononce l'éloge du Tathâgata."

(...)

"Telle est, moines, la chose insignifiante, minime, d'ordre purement moral, qu'énonce l'homme du commun quand il prononce l'éloge du Tathâgata."

-Fin du grand cours de morale.- 

 

 

Extrait du "SUTTAPITAKA DIGHANIKAYA" - Le filet de Brahman.

Par Pierre Langlais - Publié dans : Sutta
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Dimanche 13 février 2005 7 13 /02 /2005 00:00

 

Jânussôni-sutta

 

 

 

 

Ainsi ai-je entendu : C’était un jour d’Upôsatha. Ce jour-là, le brâhmane Jânussôni, ayant lavé sa chevelure, ayant revêtu deux pièces de tissu tout neuf, ayant une poignée d’herbes kusa vertes dans les mains, se tenait debout à un endroit non loin d’où se trouvait le Bienheureux.

 

 

Le Bienheureux vit le brâhmane Jânussôni qui était loin de lui, ayant lavé sa chevelure, […] ayant une poignée d’herbes kusa vertes dans les mains. Le Bienheureux lui demanda alors : « Pourquoi, ô brâhmane, dans ce jour d’Upôsatha, restez-vous debout ainsi, ayant lavé votre chevelure […] et ayant une poignée d’herbes kusa vertes dans vos mains ? »

 

Le brâhmane répondit : «  Honorable Gôtama, aujourd’hui, c’est la fête de la Descente, selon les coutumes de la communauté des brâhmanes. 

 

-         Dites-moi, ô brâhmane, de quelle façon les brâhmane effectuent-ils cette Descente selon les coutumes de la communauté des brâhmanes ?

 

-         Dans ce cas, honorable Gôtama, aujourd’hui, étant la date de la Descente, les brâhmane se lavent la chevelure. Ensuite, ils s’habillent avec avec deux pièces de tissu tout neuf. Puis ils imprègnent le sol avec de la bouse de vaches et ils répandent les herbes kusa vertes sur le sol. A la fin de la journée, ils se couchent entre la limite (vela : la limite rituelle) du terrain et la salle du feu. Pendant la nuit, ils se lavent trois fois et rendent hommage au feu avec les mains jointes, en récitant : « Nous descendons vers vous, ô votre sainteté ! Nous descendons vers vous, ô votre sainteté ! » En répétant ainsi, ils nourrissent le feu avec l’oblation du beurre fondu et du beurre frais. Le lendemain matin, ils servent les repas : les choses mangeables et buvables, aux brâhmanes. C’est de cette façon, honorable Gôtama, que la descente des brâhmanes est célébrée selon les coutumes de la communauté des brâhmanes.

 

 

-         Evidemment, ô brâhmane, la Descente selon les coutumes de la communauté des brâhmanes est une chose, mais la Descente selon la discipline des êtres nobles est une autre chose !

 

-           Dites-moi, honorable Gôtama, comment les êtres nobles effectuent-ils la Descente selon leur noble discipline ?

 

-         Dans ce cas, ô brâhmane, écoutez, fixez bien votre attention. Je vais vous en parler.

 

-         Oui, honorable Gôtama.

 

-         Ô brâhmane, dans ce cas de la Descente selon la discipline des êtres nobles, le disciple noble réfléchit ainsi : « Le point de vue incorrect (micchâ ditthi, antonyme du point de vue correct, premier point de la Noble Voie Octuple) donne des mauvais résultats dans cette vie présente ainsi que dans la vie future. » En réfléchissant ainsi, il abandonne le point de vue incorrect ; il descend du point de vue incorrect. Ensuite, il réfléchit : « La pensée incorrecte donne des mauvais résultats dans cette vie présente ainsi que dans la vie future. » En réfléchissant ainsi, il abandonne la pensée incorrecte ; il descend de la pensée incorrecte. Ensuite, il réfléchit : « La parole incorrecte donne de mauvais résultats dans cette vie présente ainsi que dans la vie future. » En réfléchissant ainsi, il abandonne la parole incorrecte ; il descend de la parole incorrecte. Ensuite, il réfléchit : « L’action incorrecte donne de mauvais résultats dans cette vie présente ainsi que dans la vie future. » En réfléchissant ainsi, il abandonne l’action incorrecte ; il descend de l’action incorrecte. Ensuite, il réfléchit : « Le moyen de vie incorrect donne de mauvais résultats dans cette vie présente ainsi que dans la vie future. » En réfléchissant ainsi, il abandonne le moyen de vie incorrect ; il descend du moyen de vie incorrect. Ensuite, il réfléchit : « L’effort incorrect donne de mauvais résultats dans cette vie présente ainsi que dans la vie future. » En réfléchissant ainsi, il abandonne l’effort incorrect ; il descend de l’effort incorrect. Ensuite, il réfléchit : « L’attention  incorrecte donne de mauvais résultats dans cette vie présente ainsi que dans la vie future. » En réfléchissant ainsi, il abandonne l’attention incorrecte ; il descend de l’attention incorrecte. Ensuite, il réfléchit : « La concentration incorrecte donne de mauvais résultats dans cette vie présente ainsi que dans la vie future. » En réfléchissant ainsi, il abandonne la concentration incorrecte ; il descend de la concentration incorrecte. Ensuite, il réfléchit : « La compréhension incorrecte donne de mauvais résultats dans cette vie présente ainsi que dans la vie future. » En réfléchissant ainsi, il abandonne la compréhension incorrecte ; il descend de la compréhension incorrecte. Ensuite, il réfléchit : « La délivrance incorrecte donne de mauvais résultats dans cette vie présente ainsi que dans la vie future. » En réfléchissant ainsi, il abandonne la délivrance incorrecte ; il descend de la délivrance incorrecte. C’est de cette façon, ô brâhmane, que la Descente est effectuée selon la discipline des êtres nobles. »

 

Enfin le brâhmane Jânussôni s’exprima : « Vraiment, honorable Gôtama, la Descente selon  les coutumes de la communauté des brâhmanes et la Descente selon la discipline des êtres nobles sont deux choses différentes. En effet, la Descente selon les coutumes de la communauté des brâhmanes a seulement un seizième de valeur en face de la Descente effectuée selon la discipline des êtres nobles. C’est merveilleux, honorable Gôtama, c’est merveilleux. Comme si l’on redressait ce qui a été renversé, comme si l’on montrait ce qui a été caché, comme si l’on montrait le chemin à l’égaré ou comme si l’on apportait une lampe dans l’obscurité en pensant : « Que ceux qui ont des yeux voient les formes », de même, l’honorable Gôtama a rendu claire la doctrine de nombreuses façons. Alors moi, je prends refuge auprès du Bienheureux, auprès de l’enseignement (dhamma) et auprès de la communauté des disciples (sangha). Que le Bienheureux m’admette comme l’un des disciples laïcs à partir d’aujourd’hui jusqu’à la fin de ma vie, moi qui ai pris refuge en lui. »

 

 

 

 

Kusa : une sorte d’herbe.

 

Upôsatha : Jours qui portent ce nom ; quatre fois dans le mois.

 

 

 

 

Source : « Les entretiens du Bouddha » Môhan Wijayaratna.

 

 

 

Pour rendre ce sutta plus actuel, nous pourrions imaginer à la place de Jânussôni, chef d'une communauté de brâhmanes, le chef spirituel des Tibétains, le Dalaï-lama. Seulement la fin diffèrerai, car ce dernier conserve toutes ses vues et pratiques incorrectes, ainsi que ceux qui l'honorent. Mais j'espère que s'il entendait cette parole il aurait une réaction similaire à ce brâhmane.

 

Par Pierre Langlais - Publié dans : Sutta
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Samedi 19 février 2005 6 19 /02 /2005 00:00

 

Madhupindika Sutta

La boule de miel
 

J'ai entendu qu'en une occasion le Béni du Ciel vivait parmi les Sakyas près de Kapilavatthu dans le Parc aux Banyans. Alors au petit matin, ayant mis ses robes et portant son bol et sa robe de dessus, il alla dans Kapilavatthu pour quêter. Etant allé quêter dans Kapilavatthu, après le repas, au retour de sa tournée d'aumônes, il alla dans le Grand Bois pour l'observance quotidienne. Plongeant dans le Grand Bois, il s'assit à la racine d'une pousse de bilva pour l'observance quotidienne.

 

Dandapani ("Bâton-en-main") le Sakya, sorti pour se promener et faire de l'exercice, alla aussi au Grand Bois. Plongeant dans le Grand Bois, il se rendit là où le Béni du Ciel se trouvait sous la pousse de bilva. En arrivant, il échangea de courtoises salutations avec lui. Après un échange d'amicales salutations et courtoisies, il se tint debout d'un côté. Comme il était debout là, il dit au Béni du Ciel, "Quelle est la doctrine du contemplatif ? Que proclame-t-il ?"

"La sorte de doctrine, mon ami, où on ne se querelle avec personne dans le cosmos avec ses devas, Maras, et Brahmas, avec ses contemplatifs et prêtres, ses nobles de sang royal et basse populace; la sorte [de doctrine] où les perceptions n'obsèdent plus le brahmane qui demeure dissocié des plaisirs sensuels, exempt de perplexité, son incertitude supprimée, dépourvu d'envie compulsive pour le devenir et le non-devenir. Telle est cette doctrine, tel est ce que je proclame."

Quand ceci eut été dit, Dandapani le Sakya -- secouant la tête, agitant sa langue, levant les sourcils de sorte que son front était plissé en trois sillons -- partit, appuyé sur son bâton.

Alors, le soir venu, le Béni du Ciel sortit de sa réclusion et alla au Parc des Banyans. En arrivant, il s'assit sur un siège qui lui avait été préparé. Comme il était assis là, il [raconta aux moines ce qui s'était passé]. Quand ceci eut été dit, un certain moine dit au Béni du Ciel, "Seigneur, quelle sorte de doctrine est-ce où on ne se querelle plus avec quiconque dans le cosmos avec ses divinités, Maras, et Brahmas, avec ses contemplatifs et prêtres, ses nobles de sang royal et basse populace; où les perceptions n'obsèdent plus le brahmane qui demeure dissocié des plaisirs sensuels, exempt de perplexité, son incertitude éliminée, dépourvu de toute envie compulsive pour le devenir et le non-devenir?"

"Si, ô moine, par rapport à la cause par laquelle les perceptions et les catégories de complication assaillent une personne, il n'y a là rien à apprécier, à accueillir, ou à quoi demeurer attaché, alors c'est la fin des obsessions de passion, des obsessions de résistance, des obsessions de vues, des obsessions d'incertitude, des obsessions d'orgueil, des obsessions de passion pour le devenir, et des obsessions d'ignorance. C'est la fin des [moments où] on s'empare de bâtons et d'armes à lame, des arguments, querelles, disputes, accusations, médisances génératrices de discorde, et calomnies. C'est où cessent sans reste ces choses mauvaises, malavisées." C'est ce que déclara le Béni du Ciel. L'ayant dit, l'Ainsi-Venu se leva de son siège et rentra dans son habitation.

Alors, peu de temps après le départ du Béni du Ciel, cette pensée vint aux moines: "Cette brève déclaration qu'a faite le Béni du Ciel, après quoi il est rentré dans son habitation sans analyser le sens détaillé -- c-à-d., 'Si, par rapport à la cause par laquelle les perceptions et les catégories de complication assaillent une personne, il n'y a là rien à apprécier... c'est là où cessent sans reste ces choses mauvaises, malavisées': qui donc pourrait analyser le sens détaillé non-analysé de cette brève déclaration?" Alors la pensée leur vint, "le Vén. Maha Kaccana est loué par l'Enseignant et estimé par ses compagnons bien informés dans la vie sainte. Il est capable d'analyser le sens détaillé non-analysé de cette brève déclaration. Supposons que nous allions le voir et, qu'en arrivant, nous le questionnions sur cette affaire."

Alors les moines allèrent trouver le Vén. Maha Kaccana et, en arrivant, échangèrent avec lui de courtoises salutations. Après un échange d'amicales salutations et courtoisies, ils s'assirent d'un côté. Une fois assis là, ils [lui racontèrent ce qui s'était passé, et ajoutèrent,] "Analysez-en le sens, Vén. Maha Kaccana!"

[Il répondit:] "Mes amis, c'est comme si un homme qui avait besoin de bois de coeur, en train de chercher du bois de coeur, parti à la recherche de bois de coeur -- en passant par-dessus la racine et le tronc d'un arbre sur pied qui aurait du bois de coeur -- devait imaginer qu'il faut chercher le bois de coeur dans ses branches et ses feuilles. Il en est de même pour vous, qui -- ayant contourné le Béni du Ciel quand vous étiez face à face avec lui, l'Enseignant -- imaginez de m'interroger sur cette affaire. Car connaissant, le Béni du Ciel connait; voyant, il voit. Il est l'Oeil, il est la Connaissance, il est le Dhamma, il est Brahma. Il est l'orateur, le proclamateur, l'élucidateur du sens, le donateur du Sans-Mort, le seigneur du Dhamma, le Tathâgata. C'est à ce moment-là que vous auriez du l'interroger sur cette affaire. Peu importe comment il aurait répondu, c'est ainsi que vous auriez dû vous en rappeler."

"Oui, ami Kaccana: connaissant, le Béni du Ciel connaît; voyant, il voit. Il est l'Oeil, il est la Connaissance, il est le Dhamma, il est Brahma. Il est l'orateur, le proclamateur, l'élucidateur de sens, le donateur du Sans-Mort, le seigneur du Dhamma, le Tathâgata. C'est à ce moment-là que nous aurions dû l'interroger sur cette affaire. Peu importe comment il aurait répondu, c'est ainsi que nous aurions dû nous en rappeler. Mais vous êtes loué par l'Enseignant et estimé par vos compagnons bien informés dans la vie sainte. Vous êtes capable d'analyser le sens détaillé non-analysé de cette brève déclaration. Analysez-en le sens, Vén. Maha Kaccana!"

"Dans ce cas, mes amis, écoutez et soyez très attentifs. je vais parler."

"Qu'il en soit comme vous le dites, mon ami," répondirent les moines.

Le Vén. Maha Kaccana dit ceci: "En ce qui concerne la brève déclaration qu'a faite le Béni du Ciel, après quoi il est rentré dans son habitation sans analyser le sens détaillé -- c-à-d., 'Si, par rapport à la cause par laquelle les perceptions et les catégories de complication assaillent une personne, il n'y a là rien à apprécier, à accueillir, ou à quoi demeurer attaché, alors c'est la fin des obsessions de passion, des obsessions de résistance, des obsessions de vues, des obsessions d'incertitude, des obsessions d'orgueil, des obsessions de passion pour le devenir, et des obsessions d'ignorance. C'est la fin des [moments où] on s'empare de bâtons et d'armes à lame, des arguments, querelles, disputes, accusations, médisances génératrices de discorde, et calomnies. C'est là où cessent sans reste ces choses mauvaises, malavisées'

"En fonction de l'oeil et des formes, la conscience-oeil surgit. La rencontre des trois est contact. Avec le contact pour condition pré-requise, il y une sensation. Ce qu'on ressent, on le perçoit (étiquettes dans l'esprit). Ce qu'on perçoit, on y pense. Ce à quoi on pense, on le complique. Sur la base de ce qu'une personne complique, les perceptions et catégories de complication l'assaillent par rapport aux formes connaissables via l'oeil qui sont passées, présentes, et futures.

"En fonction de oreille et des sons, la conscience-oreille surgit...

"En fonction du nez et des arômes, la conscience-nez surgit...

"En fonction de la langue et des saveurs, la conscience-langue surgit...

"En fonction du corps et des sensations tactiles, la conscience-corps surgit...

"En fonction de l'intellect et des idées, la conscience-intellect surgit. La rencontre des trois est contact. Avec le contact pour condition pré-requise, il y a sensation. Ce qu'on ressent, on le perçoit (étiquettes dans l'esprit). Ce qu'on perçoit, on y pense. Ce à quoi on pense, on le complique. Sur la base de ce qu'une personne complique, les perceptions et catégories de la complication l'assaillent par rapport aux idées connaissables via l'intellect, passées, présentes, et futures.

"Maintenant, quand il y a l'oeil, quand il y a les formes, quand il y a la conscience de l'oeil, il est possible de tracer un schéma de contact.[1] Lorsqu'il y a un schéma de contact, il est possible de tracer un schéma de sensation. Lorsqu'il y a un schéma de sensation, il est possible de tracer un schéma de perception. Lorsqu'il y a un schéma de perception, il est possible de tracer un schéma de pensée. Lorsqu'il y a un schéma de pensée, il est possible de tracer un schéma de l'être assailli par les perceptions et les catégories de complication.

"Lorsqu'il y a l'oreille...

"Lorsqu'il y a le nez...

"Lorsqu'il y a la langue...

"Lorsqu'il y a le corps...

"Lorsqu'il y a l'intellect, lorsqu'il y a les idées, lorsqu'il y a la conscience-intellect, il est possible de tracer un schéma de contact. Lorsqu'il y a un schéma de contact, il est possible de tracer un schéma de sensation. Lorsqu'il y a un schéma de sensation, il est possible de tracer un schéma de perception. Lorsqu'il y a un schéma de perception, il est possible de tracer un schéma de pensée. Lorsqu'il y a un schéma de pensée, il est possible de tracer un schéma de l'être assailli par les perceptions et catégories de complication.

"Maintenant, quand il n'y a pas l'oeil, quand il n'y a pas les formes, quand il n'y a pas la conscience de l'oeil, il est impossible de tracer un schéma de contact. Lorsqu'il n'y a pas de schéma de contact, il est impossible de tracer un schéma de sensation. Lorsqu'il n'y a pas de schéma de sensation, il est impossible de tracer un schéma de perception. Lorsqu'il n'y a pas de schéma de perception, il est impossible de tracer un schéma de pensée. Lorsqu'il n'y a pas de schéma de pensée, il est impossible de tracer un schéma de l'être assailli par les perceptions et catégories de complication.

"Lorsqu'il n'y a pas d'oreille...

"Lorsqu'il n'y a pas de nez...

"Lorsqu'il n'y a pas de langue...

"Lorsqu'il n'y a pas de corps...

"Lorsqu'il n'y a pas d'intellect, quand il n'y a pas d'idées, quand il n'y a pas la conscience-intellect, il est impossible de tracer un schéma de contact. Lorsqu'il n'y a pas de schéma de contact, il est impossible de tracer un schéma de sensation. Lorsqu'il n'y a pas de schéma de sensation, il est impossible de tracer un schéma de perception. Lorsqu'il n'y a pas de schéma de perception, il est impossible de tracer un schéma de pensée. Lorsqu'il n'y a pas de schéma de pensée, il est impossible de tracer un schéma de l'être assailli par les perceptions et catégories de complication.

"Donc, en ce qui concerne la brève déclaration qu'a faite le Béni du Ciel, après quoi il est rentré dans son habitation sans analyser le sens détaillé -- c-à-d., 'Si, par rapport à la cause par laquelle les perceptions et les catégories de complication assaillent une personne, il n'y a là rien à apprécier, à accueillir, ou à quoi demeurer attaché, alors c'est la fin des obsessions de passion, des obsessions de résistance, des obsessions de vues, des obsessions d'incertitude, des obsessions d'orgueil, des obsessions de passion pour le devenir, et des obsessions d'ignorance. C'est la fin des [moments où] on s'empare de bâtons et d'armes à lame, des arguments, querelles, disputes, accusations, médisances qui entraînent la discorde, et des calomnies. C'est là où ces choses mauvaises, malavisées, cessent sans reste' -- c'est ainsi que je comprends le sens détaillé. Maintenant, si vous le désirez, en allant voir le Béni du Ciel, questionnez-le sur cette affaire. Peu-importe comment il vous répondra, souvenez-vous en."

Alors les moines, se réjouissant et approuvant les paroles du Vén. Maha Kaccana, se levèrent de leurs sièges et allèrent trouver le Béni du Ciel. En arrivant, s'étant inclinés devant lui, ils s'assirent d'un côté. Une fois assis là, ils [lui dirent ce qui s'était passé après qu'il était rentré dans son habitation, et terminèrent en disant,] "Alors le Vén. Maha Kaccana a analysé le sens en se servant de ces paroles, déclarations, et phrases."

"Maha Kaccana est sage, moines. Il est une personne de grand discernement. Si vous m'aviez interrogé sur cette affaire, je vous aurais moi aussi répondu de la même façon que lui. C'est le sens de cette déclaration. C'est ainsi que vous devriez vous la rappeler."

Quand ceci eut été dit, le Vén. Ananda dit au Béni du Ciel, "Seigneur, c'est comme si un homme -- accablé par la faim, la faiblesse et la soif -- devait tomber sur une boule de miel. Partout où il la goûterait, il ferait l'expérience d'une douce et délectable saveur. De même, partout où un moine capable d'attention explorerait le sens de ce discours du Dhamma avec son discernement, il ferait l'expérience d'une gratification, il ferait l'expérience de la confiance en soi. Quel est le nom de ce discours du Dhamma?"

"Alors, Ananda, tu peux te rappeler ce discours du Dhamma comme 'Discours de la boule de miel.'"

C'est là ce que dit le Béni du Ciel. Gratifié, le Vén. Ananda se réjouit des paroles du Béni du Ciel.

 

Par Pierre Langlais - Publié dans : Sutta
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Lundi 21 février 2005 1 21 /02 /2005 00:00

 

"Le maître Gotama professe-t-il une opinion quelconque?..."

 

"Le maître est affranhi de toutes théories...Il a conquis la délivrance complète par le rejet de toutes les opinions et de toutes les hypothèses..."

 

Majjhima Nikâya.

Par Pierre Langlais - Publié dans : Sutta
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Mardi 22 février 2005 2 22 /02 /2005 00:00

 

Vina Sutta

Le luth

 

 

 

 

"Moines, quels que soient le moine ou la nonne en lesquels surgit le désir, la passion, l'aversion, l'illusion ou la résistance mentale par rapport à des formes connaissables par l'oeil, il ou elle devrait garder le contrôle de son esprit. [En se disant,] 'Il est dangereux et douteux, ce chemin, plein de ronces et envahi, un sentier misérable, un sentier détourné, impénétrable. C'est un chemin que suivent les gens sans intégrité, et pas un chemin que suivent les personnes intègres. Il n'est pas digne de toi,' il ou elle devrait garder le contrôle de l'esprit par rapport à des formes connaissables par l'oeil.

 

"Quels que soient le moine ou la nonne en lesquels surgit le désir, la passion, l'aversion, l'illusion ou la résistance mentale par rapport à des sons connaissables par l'oreille... des arômes connaissables par le nez... des saveurs connaissables par la langue... des sensations tactiles connaissables par le corps... des idées connaissables par l'intellect, il ou elle devrait garder le contrôle de son esprit. [En se disant,] 'Il est dangereux et douteux, ce chemin, plein de ronces et envahi, un sentier misérable, un sentier détourné, impénétrable. C'est un chemin que suivent les gens sans intégrité, et pas un chemin que suivent les personnes intègres. Il n'est pas digne de toi,' il ou elle devrait garder le contrôle de l'esprit par rapport à des idées connaissables par l'intellect.

"Supposons que le blé ait mûri et que le surveillant ait été inattentif. Un boeuf mangeur de blé, entrant dans les blés pour les manger, s'en griserait autant qu'il voudrait. De la même façon, une personne ordinaire sans instruction, qui n'exercerait aucune réserve par rapport aux six moyens de contact sensuel, se griserait des cinq cordes de la sensualité autant qu'elle le voudrait.

"Supposons maintenant que le blé ait mûri et que le surveillant ait été attentif. le boeuf mangeur de blé entrerait dans les blés pour les manger, mais alors le surveillant le saisirait fermement par le museau. L'ayant saisi fermement par le museau, il le coincerait par la tête. L'ayant coincé par la tête, il lui donnerait une bonne volée de coups de bâton. Lui ayant donné une bonne volée de coups de bâton, il le laisserait partir.

"Une seconde fois... Une troisième fois, le boeuf mangeur de blé entrerait dans les blés pour les manger, mais alors le surveillant le saisirait fermement par le museau. L'ayant saisi fermement par le museau, il le coincerait par la tête. L'ayant coincé par la tête, il lui donnerait une bonne volée de coups de bâton. Lui ayant donné une bonne volée de coups de bâton, il le laisserait partir.

"Le résultat en serait que le boeuf mangeur de blé -- peu importe s'il irait au village ou dans la nature, s'il reste debout ou se couche -- n'entrerait plus dans les blés, parce qu'il se rappellerait qu'il avait auparavant tâté du bâton.

"De la même manière, lorsque l'esprit d'un moine est retenu, complètement retenu, par les six média de contact sensuel, son esprit s'établit intérieurement, s'affermit, s'unifie et se concentre.

"Supposons qu'il y ait un roi ou le ministre d'un roi qui n'aurait jamais entendu le son d'un luth auparavant. Il pourrait entendre le son d'un luth et dire: 'Quel est, mes bons amis, ce son -- si délicieux, si tentant, si grisant, si ravissant, si ensorcelant?' Ils lui répondraient, 'Cela, seigneur, s'appelle un luth, dont le son est si délicieux, si tentant, si grisant, si ravissant, si ensorcelant.' Lui, alors, il dirait: 'Allez me chercher ce luth.' Ils iraient chercher le luth et diraient: 'Voici, seigneur, le luth dont le son est si délicieux, si tentant, si grisant, si ravissant, si ensorcelant.' Il dirait alors: 'Je m'en fiche de votre luth, c'est juste le son, que je veux.' Ils lui diraient alors: 'Ce luth, seigneur est fait de nombreuses parties, de beaucoup de parties. C'est par l'activité des nombreues parties qu'il sonne: c'est-à-dire, en dépendance du corps, de la peau, du cou, du cadre, des cordes, du chevalet, et de l'effort humain approprié. C'est ainsi que ce luth -- fait de nombreuses parties, de beaucoup de parties -- sonne grâce à l'activité de ses nombreuses parties.'

"Alors, le roi fendrait le luth en dix morceaux, en cent morceaux. Ayant fendu le luth en dix morceaux, en cent morceaux, il le réduirait en copeaux. L'ayant réduit en copeaux, il le brulerait dans un feu. L'ayant brûlé dans un feu, il le réduirait en cendres. L'ayant réduit en cendres, il le vannerait dans un grand vent ou le laisserait être lavé par un ruisseau au flot rapide. Il dirait alors: 'Misérable chose que ce luth -- quoi que puisse être un luth -- par lequel des gens ont pu être aussi complètement trompés et fraudés.'

"De la même manière, un moine étudie la forme, aussi loin que puisse aller la forme. Il étudie la sensation... la perception... les fabrications... la conscience, aussi loin que puisse aller la conscience. Comme il étudie la forme... la sensation... la perception... les fabrications... la conscience, aussi loin que puisse aller la conscience, toute pensée de 'moi' ou de 'mien' ou de 'Je suis' ne lui vient pas.

 

Par Pierre Langlais - Publié dans : Sutta
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Samedi 19 mars 2005 6 19 /03 /2005 00:00
*****Recherchez l'amitié des meilleurs parmi les hommes****** On doit s'associer avec celui qui fait voir les défauts comme s'il montrait un trésor. On doit s'attacher au sage qui réprouve les fautes. En vérité fréquenter un tel homme est un bien et non un mal--------Ne prends pas comme amis ceux qui font le mal ou ceux qui sont bas. Fais ta compagnie des bons, recherche l'amitié des meilleurs parmi les hommes--------Celui qui boit à la source de la doctrine, vit heureux dans la sérénité de l'esprit. Le sage se rÈjouit toujours de la doctrine enseignée par les ariya--------Les constructeurs d'aqueducs conduisent l'eau à leur grès ceux qui fabriquent les flèches les façonnent; les charpentiers tournent le bois, les sages se contrôlent eux-mêmes--------De même que le rocher solide n'est pas ébranlé par le vent, de mÍme les sages restent inébranlés par le blâme ou la louange--------Comme un lac profond, limpide et calme, ainsi les sages deviennent clairs, ayant écouté la doctrine--------Il est peu d'hommes qui passent sur l'autre rive. La plupart vont et viennent sur cette rive--------Mais ceux qui suivent la doctrine bien enseignée, franchissement le domaine de la mort, difficile à traverser.
Par tirru... - Publié dans : Sutta
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Dhamma

 Bouddha enseigna la Loi naturelle,

visible par tous, compréhensible en profondeur par ceux qui développent leur discernement.

 

 

"Evitez les mauvaises actions ; faites le bien autour de vous ; purifirez votre esprit."

Tel est l'enseignement de tous les Bouddhas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Santal, tagara, lotus, jasmin, de tous ces parfums le parfum de l'éthique est de loin le meilleur."

 

Dhammapada

 

 

"La voie droite est proclamée, suivez-la, ne vacillez pas; Que chacun s'encourage soi-même, et, par étapes, atteigne le nibbâna."

 

 

 

 

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