Extraits de livres

Vendredi 11 février 2005 5 11 /02 /2005 00:00

 

Les pouvoirs psychiques dans le Dhamma.

 

 

 

Les sutta pâli attribuent souvent des pouvoirs supranormaux au Bouddha et à ses disciples arahants ; hormis un préjugé personnel, on a peu de raisons de supposer que ces passages sont des interpolations. Et, si le Bouddha juge défavorablement le miracle des pouvoirs psychiques par rapport au « miracle de l’instruction », ce n’est pas pour porter atteinte à leur réalité, mais seulement pour souligner leur intérêt limité. En considérant l’ensemble des sutta, on peut en conclure clairement que l’acquisition des pouvoirs paranormaux était considérée comme un élément positif servant à mettre en valeur l’envergure et l’épanouissement de l’individu spirituellement accompli.

 

Les sutta mentionnent fréquemment un ensemble de six facultés paranormales que possédaient beaucoup d’arahants. On les appelle les six pouvoirs spirituels supérieurs (chalabhinna). Le sixième d’entres eux – la connaissance de la destruction des souillures (asavakhayanana) – est la réalisation supratemporelle que toutes les perturbations ont été éradiquées et ne peuvent plus jamais surgir ; ce pouvoir, commun à tous les arahants, garantit leur délivrance définitive. Les cinq autres pouvoirs spirituels supérieurs sont profanes. Il s’agit de la connaissance des modalités des pouvoirs supranormaux, de l’ouïe divine, de la connaissance de l’esprit des autres, de la connaissance de la mémoire des vies antérieures, et de la vue divine, ou connaissance de la disparition et de la réapparition des êtres. Ces pouvoirs peuvent s’observer en dehors du Dhamma du Bouddha chez les mystiques et les yogis qui ont acquis la maîtrise de l’absorption méditative, mais cela ne certifie pas que ces derniers soient parvenus à la vraie sainteté. Ces pouvoirs ne sont pas nécessaires à la libération, pas plus qu’ils ne l’indiquent.

 

Le Bouddha était bien conscient du risque d’égarement dû à la fascination exercée par ces pouvoirs psychiques. Ils pouvaient se révéler un piège terrible pour ceux dont l’esprit restait encore enflammé d’ambition personnelle, augmentant l’illusion d’un soi séparé et la soif de domination. Mais, ils pouvaient aussi se montrer des moyens utiles au service de la doctrine, pour ceux qui avaient percé la non-réalité du « je » et du « mien », et dont les cœurs étaient emplis de compassion.

 

La première génération de moines après le Parinibbâna du Bouddha avait beaucoup de considération pour ces cinq pouvoirs ; ils faisaient partie des « dix qualités qui inspirent confiance », servant de critères pour choisir les guides spirituels du Sangha, orphelin de son Maître.

 

Alors que le sixième pouvoir, la connaissance de la destruction des souillures, est le fruit de la vision pénétrante, les cinq pouvoirs profanes sont issus de la concentration. Dans les sutta, le Bouddha les introduit généralement après avoir expliqué les quatre jhâna. Ces derniers sont les préalables requis pour accéder aux pouvoirs spirituels supérieurs, parce qu’ils transforment la tonalité et la clarté de la conscience de sorte que s’ouvrent les canaux par lesquels ces connaissances deviennent accessibles.

 

 

 

 

Hellmuth Hecker – « Les grands disciples du Bouddha ».         

 

 

Par Pierre Langlais - Publié dans : Extraits de livres
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Mercredi 16 février 2005 3 16 /02 /2005 00:00

Une fois n'est pas coutume.

 

 

"Le vrai pratiquant ne cède ni aux pressions extérieures ni aux mouvements intérieurs. Il sait accomplir le bien temporel et ultime de tous les êtres, y compris le sien. Il est autonome et sans peur; sa conscience est à jamais tranquille. Parce qu'il ne voit aucune raison de conflit et ne connaît pas l'animosité, il garde un visage souriant et ne se ferme jamais aux autres. De chacun il se fait l'ami, ses paroles sont justes et bienfaisantes.

Soyez toujours humbles et effacés; déplacez vous silencieusement sans arrogance. Ne troublez pas l'esprit des autres et ne soyez pas la cause d'actes négatifs; être l'ami de tous est une excellente chose! Empli de pensées pures, vous inspirerez aux autres la vertu.

Quand quelqu'un nous donne un conseil avisé, il nous arrive de penser : "De quoi se mêle-t-il? Quel culot! " Il vaudrait mieux nous considérer comme son disciple et montrer du respect pour ses paroles. Ne rejetez pas dans un mouvement d'humeur les avis raisonnables, mais exprimez ouvertement votre approbation. Quand vous voyez quelqu'un faire une bonne action, réjouissez- vous et encouragez-le par des louanges. Toutefois, si vous craignez de passer pour un flatteur ou de réveiller son orgueil, vantez ses qualités en privé. Associez-vous avec joie à tout éloge mérité fait en public. Si c'est votre éloge qui est énoncé, considérez-le comme un hommage à la vertu en général et comme une preuve que cette personne sait l'apprécier. Ne vous laissez pas envahir par l'orgueil et la suffisance.

Se réjouir des mérites acquis par les autres est le moyen le plus facile de développer une grande joie intérieure qu'aucune négativité ne voile. En cette vie, nous n'y perdons rien et, dans les suivantes, nous y gagnons la félicité. La haine, au contraire, engendre dès maintenant le tourment de l'insatisfaction et, pour l'avenir, de plus grandes souffrances."

 

Le Dalaï-lama. 

 

Par Pierre Langlais - Publié dans : Extraits de livres
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Dimanche 20 février 2005 7 20 /02 /2005 00:00

 
Le rêve de la reine Sirømahæmæyæ

Quatre deva soulevèrent son lit transportant ainsi la reine dans une forêt, dans laquelle ils posèrent le lit sur une grande pierre plate, à l’ombre d’un shorea robusta en fleurs. Les deva l’ont ensuite lavée, vêtue de somptueux habits, parée de fleurs splendides et ointe de parfums exquis. Ils l’ont délicatement déposée dans un pæsæda fait d’or. Là s’est approché un éléphant d’un blanc totalement immaculé, qui est entré dans la reine par son flanc droit. Ainsi s’est achevé le rêve.

Lorsque la reine raconta son rêve au roi, il en a demandé la signification aux brahmanes astrologues de la cour, qui s’accordèrent sur la même réponse :

  « La reine Sirømahæmæyæ a été désignée pour donner naissance à un être aux pleines pæramø, un être très grand, un être très noble. »

Le roi et la reine furent réjouis des dires des brahmanes. Pour partager leur joie, ils ont organisé un somptueux banquet, lors duquel les riches comme les plus pauvres étaient conviés. Ils offrirent également des tissus aux nécessiteux.


 

La naissance

Six mois après son rêve extraordinaire, la reine Sirømahæmæyæ ressentit un vif désir de se rendre sur sa terre d’origine, le royaume de Devadaha. Elle demanda donc l’accord au roi de la laisser faire le trajet jusqu’au palais de son père. Approuvant le souhait de son épouse, le roi prit les dispositions nécessaires pour son voyage. Protégée par de nombreux soldats, elle fut transportée dans un palanquin magnifiquement décoré.

En chemin, alors que le cortège de la reine passait devant le bois de Lumbini, au pied de la chaîne de l’Himalaya (près de l’actuel Népal). C’était un splendide bois, riche de fleurs aux mille parfums autour desquelles dansaient les abeilles et plantés de saules au-dessus desquels planaient joyeusement des oiseaux aux couleurs vives. Séduite par l’endroit, la reine ordonna aux porteurs de s’y arrêter, avec sa suite, pour profiter d’une pause dans la fraîcheur de ce bois.

Alors que la reine profitait d’un agréable repos, le moment vint de mettre au monde son enfant. Ce vendredi de la pleine lune de mai 68 de la Grande ère, sous un shorea robusta (espèce de saule) est alors né le futur Bouddha. Au moment de l’accouchement, quand un des serviteurs prit l’enfant dans ses bras, ce dernier se glissa jusqu’au sol, se mettant à marcher. Il fit sept pas en direction de l’est. S’immobilisant debout, il dit :

  « Je suis le plus noble dans cet univers.

      Je suis le plus grand dans cet univers.

      Je suis le plus digne d’éloges dans cet univers.

      Je ne renaîtrai plus dans ce monde.

      Je ne renaîtrai pas non plus dans un autre monde. »
 


Les sept naissances simultanées

 

Sont nés ou apparus le même jour que lui : 1) Yasodharæ (elle sera son épouse) ; 2) Ænandæ (son cousin) ; 3) Channa (il sera son fidèle serviteur) ; 4) Kæ¹udæyø (il sera l’homme de confiance du roi, avant de devenir un moine arahanta) ; 5) Ka¼ðaka (il sera son cheval princier), 6) Mahæbodhi (il est l’arbre sous lequel il parviendra à l’illumination) ; 7) Quatre gigantesques pots d’or (ils apparurent dans le palais).

Très vite informés de la nouvelle, de nombreux amis et parentés de la reine Sirømahæmæyæ accoururent de la ville d’origine de cette dernière jusqu’à Lumbini, ainsi que de nombreux amis et parentés du roi Sudoddhana, en provenance de Kapilavatthu. Comme il fut recommandé à la reine de retourner à Kapilavatthu sans poursuivre son voyage, elle rentra le jour même avec son noble bébé et sa suite. Le royaume tout entier fut enchanté d’apprendre la nouvelle. Alors que tout le monde arrivait au palais royal, le roi Sudoddhana fit venir son maître, l’ermite Kæ¹adevila.

 

 

L’examen du bébé par les huit brahmanes

 

Cinq jours après la naissance de son fils, le roi fit appel à huit brahmanes astrologues très réputés pour lire les signes de la main du futur Bouddha. Après un soigneux examen des jeunes mains du bébé, les sept plus anciens astrologues s’accordèrent à affirmer :

  « De deux choses l’une : si cet enfant continue de mener une existence mondaine, il sera un roi très puissant, dominant l’humanité entière ; si cet enfant mène la vie de renonçant, il deviendra un bouddha pleinement éveillé. »

Le plus jeune des astrologues, quant à lui, ne voit qu’une seule possibilité :

  « Cet enfant est le futur Bouddha ».

Très surpris des visions révélées par les astrologues, le roi leur demanda :

  « Comment pourrait mon fils, se lassant de l’existence princière, quitter le palais pour la vie austère du renoncement, comment expliquer une pareille aberration ? »

Ko¼ðañña, le plus jeune des astrologues, lui expliqua :

  « Cet enfant est accompli en pæramø, il est dépourvu d’avidité et n’a plus aucun attachement au plaisir des sens. Lorsqu’il rencontrera les 4 grands signes – le vieillard, le malade, le mort et le renonçant –, il quittera le palais au profit de la vie ascétique, jusqu’à devenir un bouddha. »

Le roi fut consterné par ces prédictions. Il n’appréciait pas du tout l’idée que son fils pourrait mener une vie de renonçant. Seule la perspective de le voir incarner le plus puissant des rois pouvait le satisfaire. Après mûres réflexions, il décida de confiner son fils au sein du palais, veillant à ce qu’il demeure préservé du moindre contact extérieur, l’empêchant ainsi de rencontrer les 4 grands signes. Pour s’en assurer, il a fait quitter les lieux à toute personne susceptible de présenter les caractéristiques d’un des 4 grands signes ou d’en informer le jeune prince, dans les alentours du palais, sur un rayon si large que le meuglement d’une vache située à l’extérieur ne put être perçu depuis le palais.

À l’issue de leurs prédictions, les astrologues ont attribué un nom au prince : Siddhattha, qui signifie « celui qui a la capacité d’exaucer le souhait des deva et des hommes ».

 

Par Pierre Langlais - Publié dans : Extraits de livres
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Jeudi 7 avril 2005 4 07 /04 /2005 00:00
Les quatre choses qui ne doivent pas être méprisées

Lorsque le roi Pasenadø Kosala – du royaume de Sævatthi – rencontra Bouddha pour la première fois, il lui fit part de son étonnement :

  « Ô moine Gotama ! Vous prétendez être pleinement éveillé, comment cela peut-il être possible ? Vous êtes encore jeune, même très jeune !
— Pasenadø Kosala ! Il y a quatre choses qui ne doivent pas être méprisées ou regardées de haut sous prétexte qu’elles sont jeunes : un noble guerrier, un serpent, un feu et un moine. Un jeune guerrier mis en colère peut faire beaucoup de mal, il peut tuer beaucoup de gens. La morsure d’un serpent, aussi petit soit-il, peut être mortelle. Le plus petit des feux peut détruire des maisons et des forêts entières. Un moine, même le plus jeune, peut être arahanta. »

 

 

 

 

source: dhammadana

Vénérable Dhamma sâmi

Par Pierre Langlais - Publié dans : Extraits de livres
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Dimanche 12 juin 2005 7 12 /06 /2005 00:00

Extrait du livre :"Dans cette vie même" par Sayadaw U PANDITA Traduit par Marie-Cécile FORGET

INSTRUCTIONS POUR LA MÉDITATION Le Bouddha recommande de se choisir pour la méditation, un endroit calme, éventuellement sous un arbre dans la forêt; le méditant pratique paisiblement, assis jambes croisées. Si ceci pose un problème, il est libre de se trouver une autre façon de s’asseoir. Ceux qui ont des problèmes de dos peuvent très bien pratiquer sur une chaise. Pour trouver la paix de l’esprit, il faut que le corps soit paisible. Il est donc important de se choisir une posture confortable, dans laquelle on puisse méditer pendant un certain temps. Il faut veiller à garder le dos bien droit mais sans raideur et à trouver le bon angle par rapport au sol. Vous comprendrez facilement pourquoi: un dos voûté ou tordu sera vite douloureux; d’autre part, l’effort de maintenir la posture sans prendre appui sur quoi que ce soit, va énergétiser la pratique. Fermez les yeux et posez votre attention sur le ventre, sur l’abdomen. Respirez normalement, sans forcer; ne cherchez pas à ralentir le souffle ni à l’accélérer, soyez naturel. Vous pourrez bientôt constater que certaines sensations apparaissent au moment où vous inspirez et que votre abdomen se soulève; de même, lorsque vous expirez, certaines sensations vont se manifester, liées au mouvement d’abaissement de l’abdomen. Essayez alors d’être plus précis et maintenez votre observation pendant toute la durée de ce double processus. Soyez conscients de toutes les sensations liées au mouvement de soulèvement, dès le début du processus. Maintenez votre attention très vigilante jusqu’au moment où ce mouvement se termine. Soyez ensuite conscient des sensations liées au mouvement d’abaissement de l’abdomen et observez le début, le milieu et la fin de ce mouvement. Si on demande de décomposer les mouvements de soulèvement et d’abaissement de l’abdomen en début, milieu et fin, c’est uniquement pour faire comprendre que l’attention doit être maintenue très éveillée pendant toute la durée de ces deux processus. Mais il ne s’agit pas d’observer trois segments séparément; c’est le processus global qu’il faut observer, sans interruption, du début à la fin et avec précision. Ne forcez pas, ne focalisez pas excessivement votre esprit pour voir à tout prix le début et la fin de ces deux mouvements. Dans cette méditation, effort et application précise sont très importants; ce sont ces deux facteurs qui vont permettre à l’attention d’atteindre la sensation avec justesse et vigueur. Pour que l’observation soit précise, il est très utile de nommer mentalement l’objet d’attention; on étiquette silencieusement la sensation, en répétant mentalement: “Soulèvement, soulèvement... Abaissement, abaissement...” par exemple. Comment Gérer les Vagabondages de l’Esprit Il est très probable que de temps à autre, il y ait des pensées vagabondes. A un moment, vous allez vous mettre à penser. Il faut alors observer l’esprit. Soyez conscients de cette pensée. Pour en prendre clairement conscience, vous pouvez la nommer mentalement en vous répétant doucement “penser, penser”, après quoi vous revenez aux mouvements de soulèvement et d’abaissement de l’abdomen. Et c’est de la même façon qu’il faudra procéder chaque fois qu’un objet se présentera à l’une ou l’autre des six portes sensorielles: l’œil, l’oreille, le nez, la langue, le corps et l’esprit. Personne ne peut rester parfaitement focalisé sur les mouvements de soulèvement et d’abaissement de l’abdomen, même s’il s’y efforce; d’autres objets vont inévitablement apparaître et devenir prédominants. Dans la méditation, le champ d’observation englobe toutes les expériences sensorielles, quelles qu’elles soient: voir, entendre, sentir, goûter, toucher ainsi que toutes les activités du mental comme les imaginations ou les émotions. Dès que l’un ou l’autre de ces objets se manifeste, vous devez en prendre conscience de façon objective tout en faisant doucement une note mentale. Au cours de la méditation assise, si un objet s’impose nettement à l’esprit au point de le distraire des mouvements de soulèvement et d’abaissement de l’abdomen, il doit être noté avec précision. Si par exemple un bruit perçant se manifeste pendant la méditation, vous devez consciemment diriger votre attention vers ce bruit, au moment précis où il apparaît. Réalisez le fait d’entendre et identifiez en même temps l’expérience en faisant doucement la note mentale “entendre, entendre”. Lorsqu’il s’estompe ou qu’il n’est plus prédominant, revenez aux mouvements de soulèvement et d’abaissement de l’abdomen. C’est le principe de base de la méditation en posture assise. La note mentale ne doit pas être trop compliquée. Un seul mot suffit. Pour l’œil, l’oreille et la langue, nous noterons simplement: “Voir, voir... Entendre, entendre... Goûter, goûter.” Pour les sensations corporelles, nous pouvons être un peu plus précis et noter par exemple: “Chaleur... pression... dureté... mouvement...” Pour ce qui est des objets mentaux, même s’ils déroutent par leur diversité, ils se réduisent finalement à quelques catégories comme penser, imaginer, se souvenir, faire des projets et visualiser. Quoiqu’il en soit, souvenez-vous que l’étiquetage n’est pas un exercice de vocabulaire. Le but est de nous aider à prendre clairement conscience de l’expérience elle-même, sans être immergé dans son contenu. Cette technique renforce l’esprit, le focalise. En méditation, nous essayons de développer une attention claire, pénétrante et précise aux différents phénomènes physiques et mentaux. Le simple fait d’être attentif à ces phénomènes va nous mener à la réalisation de leur véritable nature, à la vérité concernant notre vie. La pratique ne s’arrête pas nécessairement après une heure en posture assise. Elle peut se poursuivre pendant toute la journée, sans interruption. Lorsque vous vous apprêtez à vous lever, commencez par noter soigneusement l’intention d’ouvrir les yeux: “Intention, intention... Ouvrir, ouvrir...” Prenez conscience du phénomène mental de l’intention, ensuite ressentez les sensations provoquées par le mouvement des paupières. Notez ensuite très attentivement et en détail les différentes étapes du mouvement de votre corps qui passe à la posture debout et qui se met en marche. Tout au long de la journée, vous devrez être conscients et noter mentalement la moindre activité du corps comme par exemple le fait d’étendre ou de replier les bras, le fait de vous saisir d’une fourchette, de vous habiller, de vous brosser les dents, de fermer ou d’ouvrir une porte, de baisser les paupières, de manger, etc... Toutes ces activités devront chaque fois être soigneusement observées et mentalement étiquetées. Il faudra s’efforcer de maintenir l’attention pendant toute la journée, jusqu’au moment où vous irez dormir. En fait, ce n’est pas si difficile: on médite en posture assise, pendant la marche et pour le reste, on est simplement conscient de tout ce qui se passe. LA MÉDITATION EN MARCHE Pendant une retraite, on alterne généralement la méditation assise avec la marche. Les séances se succèdent ainsi tout au long de la journée et durent en principe une heure; mais il est possible de ramener ce temps à trois quarts d’heure. Lorsqu’ils pratiquent la marche attentive, les méditants se choisissent un espace de marche d’une vingtaine de pas qu’ ils parcourent de long en large. Dans la vie quotidienne également, la pratique de la marche attentive va se révéler intéressante à beaucoup d’égards. Y consacrer une dizaine de minutes avant de s’asseoir est une très bonne façon de focaliser l’esprit. En outre, il est toujours utile d’être attentif lorsqu’ on se déplace d’un endroit à l’autre. Cet exercice équilibre et affine l’attention; la concentration qu’elle développe est solide. Elle permet de réaliser des aspects très profonds du Dhamma, parfois même l’illumination! En fait, un yogi qui ne marcherait pas avant de s’asseoir peut être comparé à une voiture dont la batterie serait déchargée: il ne pourra pas facilement faire démarrer la machine. La méditation en marche consiste à observer le processus de la marche. Si vous adoptez un rythme relativement rapide, vous notez: “Gauche, droite, gauche, droite” tout en observant les sensations qui se manifestent dans la jambe toute entière. Si vous adoptez un rythme plus lent, faites trois notes à chaque pas: “Lever, avancer, placer le pied”. Dans un cas comme dans l’autre, ce sont les sensations liées au mouvement de la marche qu’il faut essayer d’observer. Lorsque vous arrivez au bout du chemin, vous vous tenez debout, ensuite vous tournez et vous reprenez la marche; observez tout ce qui se passe. Ne regardez pas vos pieds à moins qu’un obstacle sur le chemin ne vous y oblige; il est également inutile de visualiser le pied; ce n’est pas par les yeux que l’on perçoit les sensations; il faut se focaliser directement sur elles. Lorsque le méditant expérimente pour la première fois les sensations physiques à l’état pur, sans conceptualisation, comme par exemple la légèreté, le fourmillement, la chaleur, le froid, il le vit bien souvent comme une découverte fascinante. Pendant la marche attentive, on divise en général chaque pas en trois mouvements: lever, avancer et placer le pied. Si on sépare clairement ces mouvements, c’est pour permettre d’observer avec précision; il faut également étiqueter mentalement ces mouvements, chaque fois qu’ils ont lieu, dès qu’ils apparaissent; l’observation doit être maintenue très vive et ferme jusqu’à ce que le mouvement se termine. Précisons, c’est important même si c’est un détail, que le troisième mouvement, “placer”, commence dès le début du mouvement d’abaissement du pied. Le « Nouveau Monde » des Sensations Voyons ce qui se passe lorsque nous notons “lever”. Ce terme “lever” a une signification conventionnelle que nous connaissons bien; mais en méditation, il est important de dépasser cette signification conventionnelle, ce concept et de réaliser la véritable nature du processus d’élévation, dans son entièreté: on commence par noter l’intention de lever le pied et ensuite le processus lui-même avec ses multiples sensations. L’effort déployé pour observer le mouvement d’élévation du pied doit être bien dosé: ni trop fort - la cible est dépassée, ni trop faible - la cible n’est pas atteinte. Viser avec précision et exactitude va aider à trouver le bon équilibre. Si l’ effort est bien dosé et que l’esprit est appliqué avec précision, l’attention va automatiquement s’établir sur l’objet de façon très ferme. Ce n’est qu’en présence de ces trois facteurs, effort, application précise et attention que la concentration pourra se développer. La concentration bien sûr, c’est l’unification, le recueillement de l’esprit; sa caractéristique est d’empêcher sa dispersion, son éparpillement. Si nous persévérons et que nous affinons encore notre observation du mouvement d’élévation du pied, nous verrons la discontinuité de ce mouvement, il va nous apparaître par segments successifs comme une colonne de fourmis traversant la route; vue de loin, cette colonne semble statique, mais lorsqu’on s’approche, elle se met à chatoyer et à vibrer. Vue d’encore plus près, la colonne se disloque et on ne voit plus que des fourmis séparées les unes des autres. Nous comprenons alors que la colonne en tant que telle n’est qu’une illusion. Nous sommes maintenant en mesure de voir qu’il n’y a que des fourmis individuelles, se succédant les unes après les autres. Ce sont exactement les mêmes constatations que nous allons faire si nous observons avec précision le mouvement de soulèvement du pied, du début à la fin: le facteur mental appelé “vision pénétrante” se rapproche de plus en plus de l’objet d’attention. Plus il s’en approche, mieux le méditant perçoit la véritable nature du processus d’élévation. L’esprit humain a quelque chose d’étonnant : lorsque la sagesse est activée et développée par vipassan_, la méditation de la vision pénétrante, divers aspects de la vérité à propos de l’existence vont se manifester selon un ordre bien précis. Cet ordre, c’est ce que l’on appelle les étapes de progression vipassan_. La connaissance qui se manifeste généralement en premier lieu consiste à réaliser, non pas intellectuellement ou logiquement mais intuitivement, que le processus de soulèvement est double; les méditants commencent à voir distinctement deux phénomènes, l’un mental, l’autre physique, apparaissant en association. Les sensations physiques, l’aspect matériel, sont liées mais cependant distinctes de la conscience de ces sensations, l’aspect mental. Nous commençons à voir une succession d’événements mentaux et de sensations physiques et à reconnaître le lien de causalité entre l’esprit et la matière. Nous voyons de façon très claire et très directe que l’esprit cause la matière - l’intention de lever le pied provoque la sensation physique de mouvement et nous voyons que la matière conditionne l’esprit - une sensation de forte chaleur amène le désir de nous déplacer vers un endroit ombragé. La réalisation des causes et des effets peut se faire de façons très variées; mais lorsqu’elle se produit, la vie nous apparaît beaucoup plus simple qu’avant. Il n’y a qu’une chaîne ininterrompue de causes et d’effets physiques et mentaux. C’est la deuxième étape dans l’ordre classique des connaissances vipassan_. Notre concentration va s’approfondir et nous verrons l’impermanence et l’impersonnalité à des niveaux de plus en plus profonds: les phénomènes qui composent le mouvement d’élévation du pied apparaissent et disparaissent à une vitesse fantastique. C’est l’étape suivante, un autre aspect de l’existence que notre attention concentrée nous permet de réaliser. Il n’y a personne derrière ces phénomènes; ce sont des processus vides de substance, qui apparaissent et disparaissent selon la loi de cause et d’effet. Le mouvement et la solidité ne sont qu’illusion; l’œil ordinaire croit reconnaître des objets, des marques distinctives, tout un monde apparemment réel. Mais lorsque le film passe au ralenti, il n’y a plus que des images séparées, statiques.

Par tirru... - Publié dans : Extraits de livres
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Lundi 28 novembre 2005 1 28 /11 /2005 15:17

"Une comparaison imagée, faite par un lama, décrivait l'interdépendance des karmans individuels en comparant ceux-ci à une multitude de foyers flambants. Des étincelles jaillissant de chacun d'eux volent à travers l'espace et retombent en d'autres foyers, contribuant à y entretenir le feu. Certains de ces foyers émettent de nombreuses étincelles, des étincelles puissantes, d'autres ne produisent que de pâles étincelles, en nombre très réduit. Certaines étincelles voyagent au loin, vont y ranimer des feux languissants ou causer un embrasement terrible en s'incorporant à des foyers déjà ardents, tandis que d'autres tombent dans des foyers voisins de celui dont elles sont parties. Entre ces types extrêmes, toutes espèces de combinaisons peuvent êtres imaginées, elles n'atteindront jamais la complexité de celles qui existent véritablement.

De même en est-il de nos paroles, de nos actions, de nos pensées, des enseignements que nous répandons, des exemples que nous donnons. Ce sont là des étincelles qui s'échappent de nous et vont se mêler à autrui, quelquefois à notre voisin, quelquefois à un homme dont nous ignorons l'existence et qui les recevra à l'autre bout de monde, par l'intermédiaire d'un récit qu'on lui fera, ou d'un livre qu'il lira, ou bien encore, disent les Tibétains, par l'effet des "vagues que nos actes et nos pensées" créent dans l'éther. Et nous aussi, que nous le voulions ou non, que nous en soyons conscients ou non, nous recevons, à chaque instant, en nous, les "étincelles" parties d'autres foyers vivants.

Il n'est pas un acte matériel ou mental qu'un individu puisse revendiquer comme étant entièrement son oeuvre, de même qu'il n'existe aucun individu qui ne soit pas, mentalement et physiquement, construit avec la substance d'autrui.

 Et quel est le combustible qui alimente les foyers et dont les étincelles entretiennent un état de combustion? -Nous retournerons, une fois de plus, à la doctrine fondamentale des "origines interdépendantes". Le combustible est l'ignorance-illusion sans commencement connu, qui engendre le désir au sein du foyer, et l'étincelle est l'acte (karman) qui perpétue le feu des foyers."

ALEXANDRA DAVID-NEEL

"Le bouddhisme du Bouddha"

 

Par Langlais - Publié dans : Extraits de livres
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Vendredi 17 février 2006 5 17 /02 /2006 22:40

 

Ce n'est pas en regardant les étoiles qu'on atteint l'illumination. La seule lecture ou étude des textes ne permet pas de l'obtenir, pas plus que la réflexion ou le désir de la voir se produire dans son esprit. Certaines conditions ou préalables sont nécessaires pour cela. En pali on parle des bojjhhangas, les facteurs d'illumination ; il y en a sept.

Le mot bojjhangas se compose de bodhi qui veut dire "illumination" ou "personne illuminée" et de anga, "facteur causal". On peut donc traduire ce terme par "facteur causal présent chez l'être illuminé" ou "cause pour l'illumination". Il y a une autre sens au mot bojjhanga qui se base sur une interprétation de ces racines palies. La signification alternative du mot "bodhi" est "la connaissance qui comprend ou voit les Quatre Nobles Vérités" : la vérité de la souffrance universelle ou insatisfaction ; la vérité du désir, cause de la souffrance et de l'insatisfaction ; la vérité selon laquelle il est possible de mettre fin à la souffrance, et la vérité du chemin qui mène à la fin de cette souffrance, soit le Noble Octuple Sentier. La signification alternative du mot "anga" est  "partie" ou "portion". La deuxième signification de bojjhanga est donc "la partie spécifique de la connaissance qui voit les Quatre Noble Vérités".

Tous les méditants vipassanâ en arrivent à comprendre les Quatre Nobles Vérités dans une certaine mesure mais la véritable compréhension de ces vérités suppose un moment de conscience particulier, profondément transformant, que l'on appelle la conscience du chemin. C'est un des stades les plus avancés de la pratique vipassanâ. Cette conscience inclut l'expérience de nibbâna. Le yogi qui en a fait l'expérience comprend en profondeur les Quatre Nobles Vérités et peut donc être considéré comme quelqu'un qui possède les bojjhangas. Une telle personne est dite noble. En ce sens, les bojjhangas ou facteurs d'illumination peuvent également être vus comme les qualités ou caractéristiques d'un être noble. On parle parfois des sambojjhangas, le préfixe sam voulant dire complet, parfait, correct ou vrai. Le préfixe n'apporte pas de modification très importante à la signification du mot mais il l'intensifie et lui donne de l'éclat.

Les sept facteurs d'illumination, autrement dit les sept qualités d'une personne noble sont : l'attention, l'investigation, l'effort, la joie, le calme, la concentration et l'équanimité. En pali sati, dhamma-vicaya, viriya, pîti, passadhi, samâdhi, upekkhâ. Ces sept facteurs sont présents tout au long du cheminement vipassanâ. Du point de vue des stades de progression, nous pouvons dire que ces sept facteurs d'illumination ne commencent à être clairement discernables qu'au stade de connaissance des apparitions et disparitions des phénomènes. Comment faire pour développer ces facteurs en soi? Par la pratique de la méditation satipatthâna. La Bouddha a dit : "Oh ! Bhikkhus, en pratiquant sans interruption et avec constance les quatres fondements de l'attention, on développe automatiquement et jusqu'à maturité les sept types de bojjhangas."

 

Sayadaw U Pandita - DANS CETTE VIE MÊME.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Langlais Pierre - Publié dans : Extraits de livres
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Lundi 27 février 2006 1 27 /02 /2006 20:50

 

 

QUESTIONS ET REPONSES

 

 

 

 

 

 

                                      Avec Achaan Chaa de Wat Ba Pong.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Question : Je fournis de grands efforts mais il me semble que je n’arrive nulle part.

 

 

 

Réponse : Tu soulèves un point très important. Tu ne dois pas chercher, dans ta pratique, à arriver quelque part. Ton propre désir de libération ou d’illumination est l’obstacle qui t’empêchera de te libérer. Tu peux essayer tant que tu veux, pratiquer ardemment nuit et jour, mais si tu gardes en tête le désir d’accomplir quelque chose, tu ne trouveras jamais la paix. L’énergie que tu consacres à ce désir sera cause de doute et d’agitation. Quels que soient le temps et les efforts que tu consacreras à ta pratique, la sagesse ne naîtra jamais du désir. Donc, laisse-toi simplement aller. Observe attentivement ton corps et ton esprit, mais ne cherche pas à atteindre un but.

 

 

 

         Ne t’attache même pas à l’idée de la pratique ni de l’illumination.

 

 

 

 

 

 

Question : Et la nourriture ? Quelle quantité de nourriture dois-je prendre ?

 

 

 

Réponse : Manger et dormir relèvent du même équilibre. Tu dois te connaître toi-même. La nourriture ne doit servir qu’à satisfaire les besoins du corps. Considère la nourriture comme un médicament. Si tu manges de telle manière que tu te sentes assoupi après le repas et que tu engraisses, arrête. Examine ton corps et ton esprit. Il est inutile de jeûner. Mais tente plusieurs expériences, afin de trouver l’équilibre naturel de ton corps. Mets toute la nourriture que tu dois prendre dans ton bol, comme les ascètes. Il te sera alors facile d’observer la quantité de nourriture que tu absorbes. Connais-toi toi-même. Telle est l’essence de notre pratique. Tu n’as rien à faire de particulier. Contente-toi d’observer. Examine-toi. Observe ton esprit. Tu connaîtras alors l’équilibre naturel nécessaire à ta pratique.

 

 

 

 

 

 

Question : Vous avez dit que Samatha et Vipassana (concentration et vision supérieure) sont une seule et même chose. Pouvez-vous m’expliquer cela plus en détail ?

 

 

 

Réponse : C’est très simple. La concentration (Samatha) et la sagesse (Vipassana) sont simultanées. Tout d’abord, l’esprit atteint la tranquillité en se concentrant sur l’objet de sa méditation. Il n’est réellement en repos que lorsque tu es assis les yeux fermés. Cela, c’est Samatha. C’est cette concentration qui finira par t’amener à la sagesse, Vipassana. Lorsque l’esprit est en repos, il importe peu que tu sois assis les yeux fermés ou que tu marches au milieu d’une ville agitée. C’est ainsi. Autrefois, tu étais un enfant. Maintenant, tu es un adulte. L’enfant et l’adulte sont-ils la même personne ? Tu peux dire que oui, et que non. Ainsi, Samatha et Vipassana peuvent être considérés comme distincts, mais aussi comme les aliments et les excréments, qui peuvent être considérés comme une seule et même chose. Et ne te contentes pas de croire ce que je dis. Livre-toi à ta pratique et tire toi-même tes conclusions. Si tu observes comment se manifeste la concentration et la sagesse, tu connaîtras la vérité par toi-même. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui s’accrochent aux mots, et ils appellent leur pratique Vipassana. Samatha est un peu déconsidéré. Ou alors, ils appellent leur pratique Samatha, et disent qu’il est indispensable de pratiquer Samatha avant Vipassana. Cela est stupide. Ne cherche pas à voir les choses de cette manière. Pratique, et juge par toi-même.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    

 

 

 

Extrait de Dharma vivant de Jack Kornfield.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dhamma

 Bouddha enseigna la Loi naturelle,

visible par tous, compréhensible en profondeur par ceux qui développent leur discernement.

 

 

"Evitez les mauvaises actions ; faites le bien autour de vous ; purifirez votre esprit."

Tel est l'enseignement de tous les Bouddhas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Santal, tagara, lotus, jasmin, de tous ces parfums le parfum de l'éthique est de loin le meilleur."

 

Dhammapada

 

 

"La voie droite est proclamée, suivez-la, ne vacillez pas; Que chacun s'encourage soi-même, et, par étapes, atteigne le nibbâna."

 

 

 

 

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