Sortir des croyances -1
L’enseignement de Bouddha, le Dhamma, permet de sortir des opinions et des croyances, il libère par la pratique, la concentration et la compréhension, des liens qui nous attachent au monde des phénomènes et aux vues erronées.
Le monde des phénomènes est celui que nous expérimentons par nos sens : La vue, l’ouïe, l’odorat, le goût, le toucher et le mental.
Les vues erronées sont les croyances et les opinions que l’on nous a inculqué ou que nous nous sommes forgées avec pour base la réalité concrète du « soi ».
Bouddha énonce que nos sens sont piégés dans le plaisir que représente le contact avec le monde phénoménal. Dès lors que nous éprouvons du plaisir avec les objets respectifs des sens, cela nous amène irrémédiablement vers l’attachement. L’œil prend plaisir à voir, l’oreille à entendre, le nez à sentir, la langue à goûter, le corps à toucher et le mental a avoir des idées. Ainsi nous nous attachons par nos sens au monde des phénomènes et cet attachement sera la cause de désir et de convoitise. Ce désir est un moteur dans l’existence ; par l’intermédiaire du mental il va échafauder toutes sortes de plans et de projets pour rechercher les nouveaux désirs, les nouveaux plaisirs. Or, le désir, que Bouddha nomme « tanha », la « soif », est décrit comme source primordiale de souffrance.
Face aux réalités du monde phénoménal, Bouddha estime qu’il ne peut y avoir de satisfaction réelle lorsque tout est soumis au changement continu. Ce changement en fait opère à tous les niveaux, hors de nous sur terre et dans l’univers, et en nous, changement d’état permanent de tout ce qui nous constitue : notre corps, nos sensations, nos perceptions, notre volonté et nos consciences (ces 5 ensembles sont les 5 agrégats d’attachement). Pour cela, le changement continu, il y a un mot qui est propre à l’enseignement de Bouddha, c’est l’impermanence. Face à l’impermanence ainsi réalisée, la réalité profonde du « moi » disparaît elle aussi ; notre « moi » n’est plus que l’assemblage habile des ensembles nous constituant. Voilà pourquoi ils sont dénommés les cinq agrégats d’attachement (les 5 sens, la perception, le ressenti, la volition mentale, les consciences), car c’est par eux que nous nous sommes attaché, naturellement, aux phénomènes, à notre image et à notre « moi » existant en soi. Soumis à l’impermanence de tous les phénomènes, de tous les constituants humains, et de la vie, il y a de nouveau pour les êtres humains insatisfaction et souffrance.
Voilà « dukkha »,
A défaut de croire il nous faut ici constater la réalité de « dukkha ». Par l’expérience de l’observation attentive, et par pénétration des mécanismes des phénomènes, le disciple observera l’apparition et la disparition continuelle des 5 agrégats d’attachements. Il en viendra à réaliser qu'il y a rien dans l'individu qui peut être identifié comme éternel, permanent, rien à quoi on ne peut se rattacher, ni s'attacher. De même, il est nécessaire de se détacher des opinions qui entretiennent le "moi éternel" et des croyances liées au "soi", s'il veut alléger sa propre personne et comprendre la nature des phénomènes.