Le radeau

Publié le par Langlais Pierre

 

Bouddha a dit : « l’Enseignement est semblable à un radeau qui est fait pour traverser, mais non pour s’y attacher. »

 

 

En gardant cette comparaison, le pratiquant au départ va découvrir le radeau et l’observer. Il rencontre la possibilité de se libérer et réfléchit à tout ce que cela implique. Il regarde le fleuve à traverser, il observe l’autre rive. Découvrir le radeau c’est rencontrer le dhamma, et la réalité qu’il expose. Il existe sur la voie de nombreux obstacles. Il y a les obstacles initiaux et les obstacles que l'on rencontre au cours de la pratique. Le doute, et les vues erronés sont des obstacles initiaux. Le fleuve est profond, la rive lointaine, le radeau incertain, telles sont les appréhensions initiales. Il faudra beaucoup de temps et des capacités spécifiques avant de traverser, il faut se préparer pour cela. La préparation, c’est sila, la moralité, l’éthique, la modération, le juste milieu. Ceci peut prendre plusieurs années, notamment lorsque le pratiquant est ancré dans les plaisirs sensuels, les drogues ou les croyances, mais avec une détermination soutenue et en avançant par étapes, les obstacles seront surmontées un à un. Une fois établi dans un comportement vertueux, le pratiquant se sent en sureté sur le radeau, celui-ci l’accueille sans souci. Vient ensuite le moment difficile où il faut entraîner son esprit à l’attention et à la concentration, c’est le moment de rester en équilibre sur le radeau. Il faut garder son esprit attentif et oublier les douleurs du corps, le mal de mer qui s’empare de lui. L’instant décisif où le pratiquant lâche les amarres et quitte la terre ferme, il est enfin maître de son esprit, il contrôle ses actions et ses pensées, samadhi. La traversée du fleuve commence réellement, et de nouveaux obstacles apparaissent. Il ne peut plus revenir en arrière, en ayant quitté les certitudes de la terre ferme, ses opinions habituelles, il doit naviguer avec de nouveaux repères, abandonner les attachements. Petit à petit le voyageur avance, il se sert de son esprit et de ses membres pour cheminer. Il voit et comprend le dhamma, ces caractéristiques, les éléments, il est entre les deux rives, il expérimente et il sait, c'est panna.

 

 

 

Le pratiquant doit utiliser toutes ses capacités pour traverser le fleuve, grâce aux facteurs d’éveil il pourra se détacher des liens et purifier totalement son esprit. L’autre rive est sûre et sans danger, en expérimentant nibbana, il gagne la paix de l’esprit. Ayant traversé il laisse le radeau, et poursuit sa route.

 

 

« De même, ô bhikkhus, j’ai enseigné une doctrine semblable à un radeau –elle est faite pour traverser et non pour la porter (lit. pour la saisir). Vous, ô bhikkhus, qui comprenez que l’enseignement est semblable à un radeau, vous devriez abandonner même les bonnes choses (dhamma), et combien plus encore les mauvaises (adhamma). »

 

 

 

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Publié dans dhammapiti

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