L'enseignement d' Ajahn Chah

Publié le par Langlais Pierre

   



    Imaginez que l'on vous donne un objet de grande valeur. Dès l'instant où cet objet entre en votre possession, votre esprit change : « Où vais-je le cacher ? Si je le laisse ici on risque de me le voler. » Vous vous angoissez terriblement pour trouver une cachette sûre. A quel moment l'esprit a-t-il changé ? A l'instant où cet objet est entré en votre possession. C'est là que la souffrance est apparue. Où que vous mettiez cet objet, vous ne pouvez plus vous détendre : vous avez un problème. Que vous soyez debout, assis ou couché, vous êtes éperdu d'inquiétude. C'est cela la souffrance. Elle commence quand on croit posséder quelque chose. C'est là que la souffrance se cache. Avant d'avoir cet objet, vous ne souffriez pas parce qu'il n'y avait pas encore d'objet auquel vous attacher.



    C'est la même chose avec le soi. Si nous pensons en termes de « moi », tout ce qui nous entoure devient « mien » et la confusion s'ensuit. Pourquoi ? La cause de tout cela est que nous croyons qu'il existe un soi. Nous n'enlevons pas le voile de l'apparent pour voir le transcendant. Vous voyez, le soi n'est qu'une apparence. Il faut faire tomber le voile des apparences pour voir le c
œur des choses, c'est-à-dire la transcendance.



    Ce n’est que lorsque vous pourrez amener votre esprit au-delà du bonheur et de la souffrance que vous trouverez la paix véritable.
Telle est la paix véritable. Telle est la matière que la plupart des gens n’étudient jamais, qu’ils ne voient jamais vraiment. La façon juste d’entraîner l’esprit est de le rendre lumineux, de développer la sagesse. Ne croyez pas qu’entraîner l’esprit consiste seulement à s’asseoir tranquillement. Cela c’est le rocher qui recouvre l’herbe. Certains peuvent s’en enivrer. Ils croient que le samadhi, c’est s’asseoir mais ce n’est là qu’un des sens de ce mot. En réalité, si l’esprit connaît le samadhi, alors marcher est samadhi, s’asseoir est samadhi, être debout est samadhi, être allongé est samadhi.


    Debout, en marche, assis ou allongé, pratiquez constamment en utilisant sati, l’attention, pour observer et protéger l’esprit, c’est cela le samadhi et c’est aussi la sagesse.


    Les deux sont semblables, même s’ils se présentent différemment. Si nous sommes vraiment conscients de l’impermanence, nous percevrons ce qui est permanent. La permanence c’est que tout doit inévitablement être ainsi et pas autrement. Comprenez-vous cela ? Même si vous ne comprenez que cela, vous pouvez connaître le Bouddha et lui rendre réellement hommage.





                                            Ajahn Chah






Voir : http://bica-vipassana.blogspot.com/search/label/ajahn%20Chah



Publicité

Publié dans dhammapiti

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article