le second et troisième concile

Publié le par Pierre Langlais

 

Le deuxième concile s'est tenu cent ans après le parinibbæna de Bouddha (en - 444), afin de régler un sérieux conflit à propos de dix points qui avaient été rompus par quelques bhikkhu :

1. Stocker du sel dans une corne. (Un bhikkhu ne peut garder d'objet en corne, en ivoire, en os ou en nacre).

2. Manger après midi.

3. Retourner au village pour rechercher de la nourriture après avoir déjà mangé son repas.

4. Faire la cérémonie de l'uposatha avec des bhikkhu demeurant dans la même localité.

5. Mener à bien des actes officiels alors que l'assemblée n'est pas au complet.

6. Suivre une certaine pratique (seulement) parce qu'elle a été faite par son précepteur ou son enseignant.

7. Consommer du lait aigre après le repas de midi. (Le lait est considéré comme un aliment solide car il est nourrissant).

8. Boire une boisson forte avant qu'elle ait été fermentée. (Et à plus forte raison après).

9. Utiliser une couverture qui n'est pas de taille appropriée.

10. Utiliser de l'or et de l'argent.

Ces méfaits ont causé une polémique importante, car ils étaient considérés comme des contradictions des enseignements originaux de Bouddha. Le Roi Kæ¼æsoka était l'organisateur du deuxième concile qui eut lieu à Vesæli.

Un jour, tout en visitant la plantation de Mahævana à Vesæli, le plus ancien, le Vénérable Yasa, a appris qu'un important groupe de bhikkhu, connu sous le nom de Vajjia, violait la règle interdisant un bhikkhu de recevoir de l'or ou de l'argent. Non seulement ces bhikkhu en recevaient, mais de plus, ils en demandaient ouvertement à leurs dæyaka. Il a immédiatement critiqué leurs comportements, et leur réponse a été de lui offrir une part de leurs gains illégaux dans l'espoir de le gagner à leur cause. Le Vénérable Yasa a toutefois dédaigné leur comportement. Les moines l'ont immédiatement poursuivi en justice à travers une action formelle de « réconciliation », l'accusant d'avoir critiqué leurs dæyaka. Le Vénérable Yasa s'est donc concilié avec les laïcs, tout en leur faisant savoir que les moines de Vijjia avaient commis une faute. Il leur expliqua l'interdiction que Bouddha avait établie, quant au fait de recevoir ou de solliciter de l'or et de l'argent.

Les laïcs ont immédiatement soutenu le Vénérable Yasa et ont déclaré que les bhikkhu de Vajjia étaient des hérétiques. Ils ont également affirmé que le Vénérable Yasa est un vrai bhikkhu, un fils de Sækya, et que tous les autres ne sont pas des bhikkhu, pas des fils de Sækya.

Lorsqu'ils ont pris connaissance de cette conciliation avec les laïcs, sans se repentir, les bhikkhu de Vajjia ont suspendu le Vénérable Yasa sans l'approbation du reste du saµgha.

Le Vénérable Yasa a toutefois su contourner la censure impropre de ces « faux bhikkhu » en allant rechercher le soutien d'autres bhikkhu, qui ont confirmé la justesse de ses vues orthodoxes sur le vinaya. Soixante moines habitant la forêt de Pævæ et quatre-vingts moines des régions méridionales d'Avanti, qui étaient du même avis, lui ont offert de l'aider à surveiller la corruption du vinaya.

Ensemble, ils ont décidé d'aller à Soreyya pour rencontrer le Vénérable Revata, qui était un noble bhikkhu expert en matière de dhamma et de vinaya. Aussitôt que les bhikkhu de Vajjia ont été mis au courant de ceci, ils ont également recherché le soutien du Vénérable Revata en lui offrant les quatre nécessités (nourriture, robes, logement et médicaments), qu'il a promptement refusées. Ces bhikkhu ont alors recherché à utiliser les mêmes moyens de convaincre le préposé du Vénérable Revata, le Vénérable Uttara.

Au début, lui aussi refusa leur offre avec raison, mais ils arrivèrent adroitement à le persuader d'accepter, en disant que, lorsque Bouddha n'acceptait pas les quatre nécessités qui lui étaient destinées, il était demandé à Ænandæ d'accepter, ce qu'il faisait souvent. Uttara a fini par changer d'avis en acceptant les quatre nécessités. Sous l'influence de leurs fortes sollicitations, il a accepté d'aller persuader le Vénérable Revata pour déclarer que les moines de Vajjian disaient réellement la vérité et soutenaient le dhamma. Le Vénérable Revata mis à jour leur ruse et refusa de les soutenir. Il a renvoyé Uttara.

Afin de régler le problème une fois pour toutes, le Vénérable Revata a informé à tous qu'un concile aurait lieu à Væ¼ikæræma, pour qu'il pose des questions sur les dix offenses au plus ancien des aînés de ce jour, le thera Sabbjakæmi. Une fois que son avis a été donné, il a été entendu par un comité de huit bhikkhu, qui ont approuvé sa validité par vote. Les huit moines, appelés pour juger le cas, étaient les Vénérables Sabbakæmi, Sa¼ha, Khujjasobhita et Væsabhagæmika, venant de l'Est, et les Vénérables Revata, Sambhuta-Sænavæsi, Yasa et Sumana, venant de l'Ouest. Ils ont discuté du sujet en profondeur avec le Vénérable Revata qui posait les questions et le Vénérable Sabbakæmi qui répondait. Après que la discussion ait eu lieu, ces huit bhikkhu ont rejeté ceux de Vajjian et leur verdict a été annoncé à l'assemblée.

Puis, sept cents moines ont récité le dhamma et le vinaya. Cette récitation est connue sous le nom de Sattasati parce que sept cents moines y avaient pris part. Ce concile historique s'appelle également le Yasatthera Sangiti en raison du rôle majeur joué par l'aîné Yasa et de son ardeur pour la préservation du vinaya. Les moines de Vajjian ont catégoriquement refusé la décision du concile. Ils ont alors organisé de leur côté un concile distinct, appelé le Mahæsa¼giti.

 

 

 

Le troisième concile s'est tenu principalement dans le but de débarrasser le saµgha de la corruption et des faux bhikkhu qui tiennent des vues hérétiques. Ce concile a eu lieu en 309 avant J.C. à Asokæræma, dans le royaume de Pa¥aliputta, sous le règne de l'empereur Asoka.

Il a été présidé par le mahæthera Moggaliputta Tissa. Mille bhikkhu y ont participé. La tradition maintient qu'Asoka avait gagné son trône en versant le sang de tous les fils de son père sauf son propre frère, Tissa Kumæra qui est par la suite entré dans le saµgha et a réalisé l'état d'arahanta. Asoka a été couronné à la deux cent dix-huitième année suivant le parinibbæna de Bouddha. Il a d'abord seulement rendu un hommage symbolique au dhamma et au saµgha et a également supporté des membres d'autres écoles religieuses comme son père avait fait avant lui. Cependant, tout ceci a changé quand il a rencontré le tout jeune mais scrupuleux bhikkhu Nigrodha qui lui a prêché « l'appamæda-vagga ».

Ensuite il a cessé de soutenir d'autres groupes religieux. Son intérêt et sa dévotion envers le dhamma se sont accrus. Il a pris l'habitude d'utiliser son énorme richesse pour édifier des pagodes et a ainsi fait construire jusqu'à quatre-vingt-quatre mille vihæra, tout en supportant largement les bhikkhu pour le reste des quatre nécessités. Son fils Mahinda et sa fille Sa¼ghamittæ ont été admis dans le saµgha.

Par la suite, sa générosité a fini par poser de sérieux problèmes dans le saµgha. Cette débordante générosité a attiré beaucoup d'hommes indignes, tenant des vues hérétiques. Ils sont entrés dans le saµgha en raison des offres coûteuses de l'empereur, autant pour la nourriture, pour les robes, pour le logement et les médicaments. Un grand nombre de ces hommes infidèles et avides, adoptant des vues fausses ont essayé de joindre la communauté mais ont été considérés incapables de porter la robe. En dépit de cela, ils ont saisi l'occasion d'exploiter la générosité de l'empereur pour leurs propres fins. Ils se sont alors vêtus de robes couleur terre et se sont joint à la communauté sans avoir été intégré dans le saµgha.

En conséquence, le respect des gens pour le saµgha a rapidement diminué. Lorsque la non-authenticité de ces (faux) bhikkhu a commencée a émerger, certains (véritables) bhikkhu ont fini par refuser de présenter l'uposatha (récitation du pætimokkha) et d'y participer en présence de ces faux bhikkhu hérétiques, au vinaya altéré.

Lorsque l'empereur a été mis au courant, il a cherché à rectifier la situation. Il a envoyé un de ses ministres au près des bhikkhu avec l'ordre de les faire exécuter la procédure. Cependant, l'empereur n'avait donné au ministre aucune indication quant aux moyens devant être employés pour effectuer cet ordre. N'acceptant pas de tenir l'uposatha en compagnie des faux bhikkhu, les autres ont catégoriquement refusé d'obéir.

Désespéré et fâché, le ministre a sorti son épée et commencé a décapiter les bhikkhu les uns après les autres, jusqu'à ce qu'il se retrouve devant le Vénérable Tissa, le frère du roi, qui avait fait son intégration dans la communauté. Brusquement horrifié de son action, le ministre a arrêté net la tuerie et s'est sauvé des lieux. Il a fait un rapport à l'empereur Asoka, qui a été profondément affligé par ces massacres. Ce dernier est alors allé demander conseil auprès du thera Moggaliputta Tissa.

Il a ensuite proposé que les bhikkhu hérétiques soient expulsés de la communauté et qu'un troisième concile soit immédiatement assemblé. Ainsi, c'est lors de la dix-septième année de règne de l'empereur Asoka que le troisième concile s'est tenu. Le thera Moggaliputta Tissa a dirigé les démarches et a choisi mille bhikkhu parmi les soixante mille disponibles pour les traditionnelles récitations du dhamma et du vinaya, qui ont duré pendant neuf mois. L'empereur a lui-même remis en cause les bhikkhu d'un certain nombre de monastères au sujet des enseignements de Bouddha. Ceux qui ont exposé des vues fausses ont été immédiatement expulsés du saµgha. De cette façon le saµgha a été purgé de tout hérétique et de tout faux bhikkhu.

Ce concile aura été utile pour d'autres choses également importantes. Le Vénérable Moggaliputta Tissa, afin de réfuter un certain nombre d'hérésies et de s'assurer que l'enseignement du dhamma reste pur, a rassemblé et dirigé un groupe de bhikkhu pendant ce concile, pour la rédaction d'un livre, appelé le « kathævatthu ». Ce livre se compose de vingt-trois chapitres, il est une compilation de discussions (kathæ) et de réfutations des vues hérétiques tenues par les diverses sectes sur des sujets philosophiques. Il s'agit du cinquième des sept livres de l'abhidhamma pi¥aka.

Les membres du concile ont également donné une approbation royale à la doctrine de Bouddha, la nommant le Vibhajjavæda, la doctrine de l'analyse. Elle est identique à la doctrine approuvée par le theravæda. Une des plus importantes réalisations de cette assemblée du dhamma, et qui devait porter ses fruits pour les siècles à venir, a été la décision de l'Empereur d'envoyer des moines érudits dans le dhamma et dans le vinaya enseignés par Bouddha, capables de le réciter par cœur dans sa totalité, pour l'enseigner dans neuf pays différents.

Ces moines Dhammadþta ont inclus le Vénérable Majjhantika qui est allé au Kashmir et au Gandhæra. Il a été invité à y enseigner le dhamma et à y établir un saµgha. Le Vénérable Mahædeva a été envoyé à Mahinsakamanda¼a (actuellement Mysore) et le thera Rakkhita a été acheminé à Vanavæsi (actuellement le nord du Kanara, dans le sud de l'Inde). Le thera Yonaka Dhammarakkhita a été envoyé dans l'Aparantaka supérieur (actuellement le nord du Goudjerate, Kathiawar, Kutch et Sindh). Le thera Mahærakkhita est allé à Yonaka-loka (la terre des lonians, de Bactrians et des Grecs.) Le thera Majjhima est allé à Himavanta (l'endroit touchant l'Himalaya.) Les Vénérables Sona et Uttara ont été envoyés à Suvannabhþmi (actuellement le Myanmar). Le thera Mahinda, le thera Ittiya, le thera Uttiya, le thera Sambala et le thera Bhaddasæla ont été envoyés à Tambapanni (actuellement Sri Lanka).

Les missions de propagation du dhamma de ces bhikkhu ont été une grande réussite. Elles ont porté de grands fruits au fil du temps et ont permis d'ennoblir considérablement les peuples de ces contrées. Le don du dhamma a totalement influencé leurs civilisations et leurs cultures.

Avec la diffusion du dhamma à travers la parole de Bouddha, l'Inde en est venue à être connue comme Visvaguru, l'enseignante du monde.

 

 

source: www.dhammadana.org

 

Publicité

Publié dans Histoire

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article