Les 5 agrégats d'attachement

Publié le par Langlais Pierre

Les cinq agrégats sont intimement liés à la co-production conditionnée, ils sont un autre aspect d'une même construction:
-La co-production conditionnée est le processus de construction de la vue fausse du "moi";
-Les cinq agrégats d'attachement sont les matériaux de construction de la vue fausse du "moi".

"Nama"/"rupa" à pour origine la traduction "nom/forme", qui s'est transformé avec le temps et les interprétations en : "esprit /matière".
De même "sakkaya" avait pour traduction à l'origine "l'ensemble" puis est devenu "le corps individuel".

"Ceci est mien, ceci est moi, ceci est mon Soi."
Ceci est la vue fausse du moi. Elle correspond respectivement à :
"ceci est mien" : les 5 agrégats
"ceci est moi" : Sakkaya
"ceci est mon Soi" : Atman
Ceci est associé à tois états d'esprit :
Appropriation, identification, conceptualisation.
C'est le processus de fabrication et de maintien du "moi" , de notre croyance en un moi ayant une substance propre.
Cette phrase correspond aussi aux impuretés mentales suivantes:
Désir/soif (tanha), orgueil, opinion erronée (ditthi).

Les cinq agrégats d'attachement : Panca khanda upâdâna
(Upâdâna = attachement.)
Processus double : rassemblement et association, le multiple devient "un".
On utilise la parabole du char. Le "char" est un nom donné a un ensemble d'objets mais aucun d'entres eux ne peut être nommés indivuduellement "char". "Char" est l'étiquette qui réunie la forme.
Skanda (sanskrit) = tas, amoncellement, ensemble.
Panca khanda upâdâna peut être traduit également comme = 5 ensemble saisis.
Quels sont ils?
Rupa (forme), vedâna (sensation/ressenti), sanna (représentation mentale), sankhâra (construction mentale), vinnâna (actes de conscience).

Vedanâ: Ressenti.
C'est un processus psychique, face à un phénomène nous réagissons par : j'aime, je n'aime pas, ni j'aime ni je n'aime pas (adukkhamasukha; indifférence illusoire car nous sommes dans le samsâra). Ce peut être un phénomène corporel ou mental. Vedanâ est le fruit du kamma, c'est la réaction ou le résultat (on se construit soi-même, on apprécie les choses ainsi). La douleur physique n'est pas vedanâ, le ressenti psychique face à la douleur physique est vedanâ (colère, aversion, peur, ...).

Sanna : représentation mentale. C'est la connaissance qui associe, la connaissance collective et conventionnelle qui nous permet de reconnaître et de dénommer comme tel. C'est la mémoire réactive qui sait distinguer, créer une notion et une durée.
Toutes les activités psychiques (jhana) sont sanna.

Sanna et vinnanâ agissent de concert. (même racine commune, en sanskrit : jna)

Vinnanâ : Actes de conscience discriminante. C'est la connaissance qui divise, discrimine, fait la distinction entre un sujet et un objet. Processus mental, psychologique, variable et impermanent.

Sankhâra : constructions mentales. Composition qui compose, qui crée par assemblage. Sankharâ provoque le kamma (cetana= la volition, l'intention fait partie de sankharâ), c'est le réservoir, ce par rapport à quoi on va enclencher une (ré)action, il y a reproduction des actes karmiques, ce sont des réactions délibérées, individuelles par rapport à l'idée que l'on se fait de soi-même (réflexes conditionnés). On trouve les trois poisons dans sankhara.

cetana= volition, intention. Cetana lance le processus de reproduction des constructions mentales, des tendances qui augmentent par accumulations, des réflexes qui s'auto-alimentent. Cetana participe au rassemblement des énergies, mobilise la force pour se projetter, faire des plans.
Si citta-... (pensée d'éveil) permet de développer la sagesse, cetana perpétue le samsâra.

Rupâ: forme. Rupa individualise l'objet de la description. Rupa, au départ est cette délimitation, qui pose les limites, donne la forme.
Nama/rupa : formes, marques, signes, indications par lesquelles sont décritent les phénomènes mentaux et physiques.

Les cinq agrégats ne sont pas indissociables, ils apparaissent ensemble.
On trouve des notions qui évoluent dans le temps. Parfois les agrégats échangent certains de leurs attributs...!
Il est difficile de distinguer qui fait quoi.
Dans les suttâ, l'importance n'est pas forcément donné à tous les agrégats
en même temps. Panna (prajna) est associé à vinnanâ et sanna (exercer vinnanâ, développer prajna) .
Le Dhamma cerne un problème, en fait le tour, l'envisage sous divers angles, mais il est impossible de le mettre à plat, d'en faire des schémas mathémathiques.
Les 5 agrégats d'attachement permettent (entre autres) de réaliser qu'il y a une pensée mais qu'il n'y a pas de penseur (la pensée est uniquement due au conditionnement), et de mettre fin à la fausse opinion du "moi".

Notes prises lors d'un cours donné par Mr Trotignon à l'UBE.

http://www.bouddhisme-universite.org/accueil/jeu-cadre-plan.html

 

Publicité

Publié dans dhamma-vicaya

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article