Prolifération mentale

Publié le par Langlais Pierre

 

Bouddha lors de son premier sermon énonça les quatre Nobles Vérités, à partir desquelles toute sa doctrine trouve sa place. La première Noble Vérité –dukkha- exprime la souffrance inhérente à notre condition humaine, naissance, vieillesse, maladie, mort. Et au-delà des douleurs, chaque expérience que nous vivons est conditionnée par les vues erronées, le désir, et l’orgueil, et font ainsi se perpétuer dukkha. Nous nous approprions les expériences, les perceptions, les sensations, puis sans cesse la pensée fabrique des conceptions et les conçoit comme personnelle, et la conscience s’égare dans la croyance d’un soi autonome.

 

Bouddha dit :

 

 

« Bhikkhu, concernant la source par laquelle les perceptions et les opinions teintées par la prolifération mentale assaillent une personne, voici : si rien n’y est trouvé où l’on puisse se complaire, qu’on puisse accueillir et à quoi l’on puisse se tenir, c’est la fin des tendances profondes à la convoitise, à l’aversion, aux vues, au doute, à la vanité ; la fin du désir d’exister et de l’ignorance, la fin du besoin de triques et d’armes, la fin des querelles, des rixes, des disputes, des récriminations, de la malveillance et du mensonge ; ici, ces funestes états malsains cessent sans laisser de traces. »

 

 

Ce à quoi le vénérable Mahâkaccâna, disciple de Bouddha et expert dans l’explication de la doctrine, rajoute en explications :

 

 

« En dépendance de l’œil et des formes apparaît la conscience visuelle. La rencontre des trois est le contact. A partir du contact, il y a sensation. Ce qu’on ressent, on le perçoit. Ce qu’on perçoit, on y pense. Ce à quoi on pense, on le fait proliférer mentalement. Ayant pour source ce qui a proliféré mentalement, les perceptions et les opinions teintées par la prolifération mentale relatives aux formes du passé, du présent et du futur connaissables par l’œil assaillent une personne. »

 

Il en est de même pour chacune des autres bases des sens.     

 

Cet exposé se rattache au principe de la production conditionnée, où chaque terme de la série naît en dépendance du terme précédent et disparaît avec la cessation de celui-ci.

 

 

Cette cessation est nibbana, l’arrêt des formations mentales, la fin des perceptions et des opinions teintées par la prolifération mentale.

 

Cette prolifération mentale est biensûr visible par chacun observant son propre esprit, par la connaissance intérieure des phénomènes, elle est source d’insatisfaction, de changement continu, et d’absence de soi réel. C’est une musique qui vient, dure et laisse la place à une autre musique.

 

 

« Les sources profondes de cette prolifération conceptuelle sont trois souillures : le désir (tanha), l’orgueil (mâna) et les vues erronées (ditthi). Lorsque ces trois facteurs dominent les opérations de la pensée, la cognition échappe à tout contrôle ; elle répand une foule d’idées trompeuses, d’obsessions et de passions qui accablent le sujet et font de lui leur victime infortunée. » (Bhikkhu Bodhi)

 

 

Que chacun puissent reconnaître en lui ces écoulements mentaux et par le dégoût qu’ils inspirent, prendre le chemin qui conduit à s’en libérer, par étapes, puis définitivement.

 

 

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Publié dans dhamma-vicaya

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