Les trois caractéristiques : Anatta
Anatta.
Anatta signifie la non existence propre des choses. C'est une notion essentielle, et parfois difficile à comprendre, qu'exposa Bouddha dans sa doctrine. Toutes les choses de l'univers sont composées d'éléments qui se sont assemblés, et qui se modifient, mais il n'y aucun principe qui existe "en soi". Il n'y a pas d'existence du "soi", il n'y a pas de "moi" réel, c'est ce qu'énonce le Bouddha dans son Dhamma, ce qui était en totale opposition avec les croyances de l'époque.
La notion d'anatta s'oppose à l'existence d'une âme ou d'une conscience éternelle. Rien ne dure ni ne perdure, tout disparaît, toutes les formations sont des états transitoires. La science dit: "rien ne se perd, tout se transforme".
Ce que nous pensons être le moi, le soi, n'est qu'une construction, elle n'existe pas en réalité. Tout être n'est qu'un assemblage des 5 agrégats, et rien dans ces 5 agrégats ne peut être identifié comme "moi" ou "soi". Nous sommes "vide", tel l'univers "vide de substance", notre conscience est amenée à disparaître sous peu, aucune chose n'a d'existence "en soi", "pour soi". Les 5 agrégats qui constituent l'être humain sont soumit au changement, à l'impermanence, et ce qui est soumit au changement et à l'impermanence est source d'insatifaction.
Si nous observons un être à partir de sa naissance, et lorsqu'il grandit, nous voyons qu'il acquiert une conscience des choses, et de soi-même progressivement, mais ceci est un assemblage, à partir de rien, si ce n'est l'éducation, et l'environnement.
Certains parlent de l'égo, mais comme le reste ce n'est qu'une illusion. Notre vie sur terre est si fragile qu'il faut peut être bâtir, à partir de rien, un être qui se possedera, aura une existence propre, un "moi" réel, et qui possedera de nombreuses choses, durant le temps d'une vie, voire au delà. Nous voudrions voir cette éphémère construction comme solide, et elle trouve sa place dans la société, mais il faut la maintenir et l'entretenir chaque jour, au prix de l'illusion, jusqu'à ce que la mort désintégre tout cela. La croyance en un moi amène de nombreuses souffrances, et est la source de nombreux conflits et méprises.
Anatta, il faut en prendre conscience. Il faut être attentif et observer, lorsque nous méditons, soyons léger, soyons vide, tels que nous sommes en réalité, vide de substance, sans "dieu" ni "bouddha" en nous. Eloignons nous de la possession, de l'attachement, de l'appropriation de soi-même et des biens, des idéologies, de la personnalisation du "rien".